À Atakpamé, l’Association des praticiens de la médecine traditionnelle (APMT) de la région des Plateaux engage une nouvelle phase d’organisation interne. Au-delà du renouvellement de ses instances dirigeantes, la rencontre de jeudi met en lumière un enjeu plus large : l’intégration progressive des savoirs thérapeutiques endogènes dans le système de santé formel et leur encadrement institutionnel.
Une assemblée sous le signe de la structuration du secteur
Réunis dans la capitale régionale des Plateaux, les praticiens de médecine traditionnelle ont tenu une assemblée générale marquée par la présence des autorités administratives et sanitaires ainsi que des représentants venus des douze préfectures de la région. Les travaux ont été consacrés à la lecture des rapports d’activités, moral et financier, avant de déboucher sur l’élection d’un nouveau bureau dirigeant.
Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large de réorganisation du secteur, où la médecine traditionnelle cherche à se doter de cadres de gouvernance plus lisibles, capables de répondre aux exigences contemporaines de traçabilité, de qualité des soins et de coopération avec les structures sanitaires publiques.
Une gouvernance renouvelée pour encadrer les pratiques
À l’issue du scrutin, un bureau de sept membres a été mis en place. Il est désormais présidé par Togbui Djamoussa Agbéko, élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Sa mission dépasse la simple administration associative : il s’agit de structurer un réseau de praticiens encore largement hétérogène et d’en renforcer la crédibilité institutionnelle.
Parmi les axes prioritaires annoncés figurent le recensement des praticiens, la formation continue, la promotion de bonnes pratiques et la lutte contre les activités illégales susceptibles de fragiliser l’image du secteur. L’enjeu est autant sanitaire que réglementaire, dans un contexte où la médecine traditionnelle reste un recours majeur pour une grande partie de la population.
Une reconnaissance croissante des autorités sanitaires
La rencontre a également été marquée par l’intervention de la représentation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la région des Plateaux. Celle-ci a rappelé la place importante de la médecine traditionnelle dans la couverture sanitaire communautaire, notamment dans les zones où l’accès aux structures modernes reste limité.
L’OMS a surtout insisté sur la nécessité d’un encadrement renforcé et d’une meilleure articulation entre médecine traditionnelle et médecine conventionnelle, considérées non pas comme des systèmes concurrents mais comme des approches complémentaires au service de la santé publique.
Entre légitimité sociale et exigences de modernisation
Dans les Plateaux comme ailleurs au Togo, la médecine traditionnelle demeure profondément ancrée dans les pratiques sociales. Toutefois, sa pérennisation passe désormais par une transformation progressive de ses modes d’organisation.
En prenant la tête de l’APMT régionale, Togbui Djamoussa Agbéko hérite ainsi d’un chantier sensible : faire évoluer un secteur fondé sur la transmission orale et les pratiques empiriques vers un cadre plus structuré, capable de dialoguer avec les institutions sanitaires nationales et internationales sans perdre son ancrage communautaire.
La Rédaction

