À Eswatini, les autorités ont engagé depuis la fin du mois d’avril une série de célébrations marquant le 40e anniversaire du règne du roi Mswati III. Ce jubilé s’inscrit dans un calendrier officiel ponctué d’événements publics, de rencontres diplomatiques et de commémorations institutionnelles.
Plusieurs responsables politiques et figures régionales ont pris part aux festivités organisées à Mbabane. Parmi eux figurent le roi Letsie III du Lesotho, le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa et l’ancien président malgache Andry Rajoelina. Le ministre des Affaires étrangères de Taïwan, Lin Chia-lung, était également présent, dans un contexte où Eswatini demeure le seul État africain à maintenir des relations diplomatiques avec Taipei.
Dans son discours prononcé à l’occasion de cet anniversaire, le roi Mswati III a rappelé son attachement à la Constitution et à l’unité nationale. Il a indiqué vouloir poursuivre ses efforts en faveur de la stabilité et du développement du pays.
Une mémoire politique toujours active
En parallèle de ces célébrations officielles, des organisations de la société civile et des groupes de défense des droits humains continuent de revenir sur les événements du 29 juin 2021. Cette date correspond aux manifestations pro-démocratie qui avaient été suivies d’une répression violente.
Selon plusieurs organisations locales et internationales, ces événements auraient fait au moins 40 morts et plus de 200 blessés. Les autorités n’ont pas confirmé ces chiffres dans ces proportions.
Des organisations telles que le Swaziland Human Rights Network UK et le Swaziland Transport, Communication and Allied Workers’ Union appellent à des commémorations et demandent l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les violences signalées.
Des lectures politiques divergentes
La situation politique du pays est marquée par des interprétations différentes selon les acteurs. Les autorités mettent en avant un système institutionnel fondé sur la continuité monarchique, les traditions politiques locales et la stabilité.
De leur côté, des représentants de l’opposition et des mouvements sociaux, dont certains sont en exil, estiment que les événements de 2021 ont mis en évidence des limites dans l’ouverture du système politique et dans la gestion des mobilisations.
Ces positions traduisent une divergence persistante sur l’évolution institutionnelle du pays et sur les réponses apportées aux revendications démocratiques.
Un contexte diplomatique régional structurant
Les célébrations du jubilé royal s’inscrivent également dans un environnement diplomatique où Eswatini maintient des relations actives avec plusieurs États de la région et au-delà. La présence de délégations étrangères à Mbabane reflète cette intégration dans les circuits diplomatiques régionaux, malgré les débats récurrents sur la situation politique interne.
Dans ce cadre, la relation avec Taïwan constitue un élément particulier de la politique étrangère du royaume, dans un contexte de rivalité diplomatique avec Pékin sur le continent africain.
Une société civile mobilisée autour du 29 juin
À l’approche de l’anniversaire du 29 juin, des organisations de la société civile prévoient des actions de commémoration. Elles demandent la reconnaissance des victimes des violences de 2021 et la mise en place de mécanismes d’établissement des responsabilités.
Ces initiatives s’inscrivent dans un climat où les questions liées aux libertés publiques et à la participation politique restent au centre des débats internes, en parallèle du calendrier officiel des célébrations monarchiques.
La Rédaction

