Dans l’extrême nord du Togo, l’association Vivre dans l’Espérance (VIE) s’est imposée au fil des décennies comme un acteur central de la prise en charge des enfants vulnérables. Portée par l’engagement de Sœur Marie-Stella, cette structure a progressivement construit un modèle d’accompagnement global mêlant santé, éducation et insertion sociale.
DAPAONG, juin 2026 – À Dapaong, chef-lieu de la région des Savanes, l’action sociale se déploie dans la durée. Depuis près de trente ans, Sœur Marie-Stella incarne une continuité humaine et institutionnelle rare dans la prise en charge des enfants issus de milieux fragilisés. À travers l’association Vivre dans l’Espérance (VIE), elle a structuré un dispositif d’accompagnement qui dépasse largement le cadre de l’assistance ponctuelle.
Une réponse née dans un contexte de crise sanitaire majeure

La genèse de l’association remonte à la période d’intensification de la crise du VIH/Sida en Afrique subsaharienne. Dans la région des Savanes, les conséquences sociales de l’épidémie ont profondément désorganisé les structures familiales, laissant de nombreux enfants sans protection ni repères.
Face à cette situation, l’initiative portée par Sœur Marie-Stella s’est progressivement transformée en dispositif structuré. Initialement centrée sur l’accueil et la prise en charge d’urgence, elle a évolué vers un modèle d’accompagnement durable visant la reconstruction des trajectoires individuelles.
Au fil du temps, l’action de VIE s’est organisée autour d’un enchaînement progressif allant de la prise en charge immédiate vers la réinsertion sociale et économique, en passant par la reconstruction éducative et psychologique.

Une approche globale centrée sur la reconstruction des parcours
Aujourd’hui, l’association Vivre dans l’Espérance déploie un accompagnement qui couvre plusieurs dimensions essentielles du développement de l’enfant et du jeune adulte.
La prise en charge sanitaire constitue un premier pilier, avec un suivi médical régulier et un accompagnement des enfants vivant avec le VIH, ainsi qu’un encadrement psychologique destiné à atténuer les traumatismes liés à la perte ou à l’abandon.
L’éducation occupe également une place structurante dans le dispositif. Les enfants bénéficient d’un accompagnement scolaire continu, du primaire jusqu’à la formation supérieure ou professionnelle, dans une logique de long terme visant l’autonomie.
Enfin, l’insertion socio-économique constitue l’aboutissement de ce parcours. Les jeunes adultes sont orientés vers des formations techniques et des activités génératrices de revenus, notamment dans l’artisanat et l’agriculture, afin de favoriser leur intégration durable dans l’économie locale.
« Nous ne distribuons pas seulement de l’aide ; nous recréons des repères là où ils ont disparu. L’objectif est que chaque enfant puisse devenir acteur de son propre avenir », souligne Sœur Marie-Stella.
Une relation humaine qui dépasse le cadre institutionnel
Au-delà de la structure associative, l’impact de Vivre dans l’Espérance repose également sur la qualité des liens humains tissés au fil du temps. Pour de nombreux bénéficiaires, l’accompagnement ne se limite pas à un dispositif social, mais s’inscrit dans une relation de proximité et de confiance durable.
Cette dimension relationnelle se prolonge parfois bien au-delà de la prise en charge initiale, comme en témoignent les trajectoires de jeunes ayant construit leur vie adulte après un passage par l’association, parfois jusqu’à s’installer hors du pays tout en maintenant des liens étroits avec leur structure d’origine.

Un modèle social ancré dans la durée
Près de trois décennies après sa création, l’association Vivre dans l’Espérance s’inscrit comme un repère dans le paysage social de la région des Savanes. Dans un contexte marqué par de nouveaux défis sécuritaires et socio-économiques, son action continue de jouer un rôle de stabilisation et de protection.
En combinant engagement humanitaire, structuration institutionnelle et ancrage local, Sœur Marie-Stella a contribué à faire émerger un modèle d’intervention fondé sur la continuité, la proximité et la reconstruction progressive des parcours de vie.
La Rédaction

