Dans le sillage des grandes campagnes nationales de lutte contre la cécité évitable, les autorités sanitaires togolaises amorcent une nouvelle phase intensive de chirurgie de la cataracte. Une initiative stratégique à long terme qui vise à pérenniser l’accès aux soins ophtalmologiques spécialisés et à corriger les disparités territoriales.
LOMÉ, juin 2026 – Le Togo franchit un nouveau cap dans sa politique de santé visuelle. Sous l’égide du Programme national de santé oculaire (PNSO), le pays vient de donner le coup d’envoi d’une vaste campagne nationale de chirurgie gratuite. Lancée officiellement le mardi 9 juin au Centre hospitalier préfectoral (CHP) de Kpalimé, cette opération d’envergure se fixe un objectif ambitieux : redonner la vue à quelque 4 000 patients souffrant de cataracte et d’autres affections oculaires invalidantes.
Cette nouvelle offensive médicale s’inscrit en droite ligne du succès de l’historique « Opération Zéro Cataracte » menée en 2022, qui avait permis de prendre en charge près de 10 000 personnes à travers le pays.
Un maillage territorial stratégique pour briser l’isolement sanitaire
Pour maximiser l’impact de cette campagne, le ministère de la Santé mise sur une approche progressive et décentralisée, structurée autour des différentes régions sanitaires du pays. Les équipes chirurgicales ont débuté leurs rotations dans la région des Plateaux, point de départ d’un déploiement appelé à s’étendre aux autres zones ciblées.
Afin de garantir une équité dans l’accès aux soins, la répartition des interventions chirurgicales repose sur une cartographie précise des besoins :
- Plateaux : 1 100 opérations
- Centrale : 850 opérations
- Kara : 850 opérations
- Savanes : 800 opérations
- District autonome du Grand Lomé : 400 opérations
Ce dispositif de proximité traduit une volonté politique forte de territorialiser l’offre de soins, afin de réduire les inégalités géographiques et financières qui limitent encore l’accès aux services spécialisés.
Une prise en charge globale du dépistage au suivi post-opératoire
La particularité de cette campagne réside dans son approche intégrée. Le Programme national de santé oculaire ne se limite pas à la chirurgie, mais déploie un parcours complet de prise en charge des patients.
Le dispositif comprend le dépistage préalable des cas, l’intervention chirurgicale gratuite ainsi qu’un suivi post-opératoire renforcé destiné à optimiser la récupération visuelle et prévenir les complications.
Cette organisation permet d’assurer une continuité médicale essentielle, tout en renforçant l’efficacité globale de la campagne sur le plan sanitaire.
La cataracte, un enjeu majeur de santé publique
En Afrique subsaharienne et au Togo, la cataracte demeure la principale cause de cécité évitable. Au-delà de l’impact médical, elle constitue un facteur de vulnérabilité socio-économique important, affectant l’autonomie des personnes âgées et la stabilité des ménages.
En ciblant les régions où l’offre ophtalmologique reste limitée, les autorités entendent réduire les inégalités d’accès aux soins et améliorer durablement la qualité de vie des populations.
Une politique de santé visuelle inscrite dans la durée
En s’appuyant sur les acquis de « Zéro Cataracte », cette nouvelle campagne confirme l’évolution vers une politique de santé oculaire structurée et pérenne.
Elle marque le passage d’interventions ponctuelles à une stratégie nationale de long terme, fondée sur des campagnes régulières, une couverture territoriale élargie et une amélioration continue de la prise en charge ophtalmologique.
La Rédaction

