La Haute Cour du Kenya a confirmé la destitution de Rigathi Gachagua prononcée par le Parlement en octobre 2024, tout en reconnaissant une violation de son droit à un procès équitable. Une décision qui valide le changement institutionnel tout en pointant des failles procédurales majeures dans la procédure parlementaire.
Une décision judiciaire qui entérine un fait politique accompli
La Haute Cour du Kenya a tranché : la destitution de l’ancien vice-président Rigathi Gachagua, votée par le Parlement en octobre 2024, reste juridiquement valide. Les juges estiment ne pas disposer de la compétence nécessaire pour annuler une décision relevant du pouvoir législatif, dès lors qu’elle ne contrevient pas directement à la Constitution.
Cette position confirme donc la légitimité institutionnelle de la procédure engagée contre l’ancien vice-président, élu en 2022 aux côtés du président William Ruto.
Un procès jugé inéquitable par la Haute Cour
Si la destitution est maintenue, la Cour a néanmoins relevé une atteinte aux droits fondamentaux de Rigathi Gachagua. Les magistrats ont estimé que l’ancien vice-président n’avait pas bénéficié d’un procès équitable, la procédure ayant été engagée au Sénat alors qu’il était hospitalisé.
Cette situation a privé le dirigeant destitué de son droit à être entendu dans des conditions normales, constituant une irrégularité procédurale significative dans le déroulement de la procédure parlementaire.
Une compensation financière ordonnée contre le Sénat
Tout en validant la décision politique, la Haute Cour a ordonné au Sénat de verser à Rigathi Gachagua une indemnisation de 386 500 dollars. Cette somme vise à réparer la violation de son droit d’être entendu, reconnu par les juges comme ayant été bafoué au cours de la procédure de destitution.
La légalité confirmée de la nouvelle vice-présidence
Le verdict judiciaire ne remet toutefois pas en cause la recomposition de l’exécutif kényan. La Cour a confirmé la légalité de la nomination de Kithure Kindiki au poste de vice-président, successeur de Rigathi Gachagua dans la structure gouvernementale.
Un épisode révélateur des tensions institutionnelles au Kenya
Au-delà du cas individuel, cette décision met en lumière les tensions entre pouvoir législatif et garanties constitutionnelles dans le système politique kényan. Elle illustre également la difficulté de concilier stabilité institutionnelle et respect strict des droits procéduraux dans les procédures de destitution de haut niveau.
La Rédaction

