Le nouveau partenariat signé à Sokodé entre l’État togolais, l’Union européenne et le Luxembourg acte un changement de paradigme majeur. Sur les cinq ans à venir, la sanctuarisation des écosystèmes devient un levier de développement économique local et d’emplois verts.
SOKODÉ – L’accord paraphé le 3 juin à Sokodé entre la République togolaise et la Team Europe — regroupant l’Union européenne et le Luxembourg — marque l’entrée dans une nouvelle phase de gouvernance environnementale. Déployé sur cinq ans, ce programme ambitionne de repositionner les aires protégées non plus seulement comme des espaces de conservation, mais comme des actifs territoriaux capables de générer de la valeur économique et sociale.
Une architecture d’intervention sur cinq ans
Le dispositif repose sur une structuration en cinq axes complémentaires, conçus pour articuler protection écologique et impulsion économique.
Le premier volet renforce le dialogue politique et technique entre le Togo et ses partenaires européens sur la biodiversité et les politiques climatiques. Le deuxième cible les capacités opérationnelles, à travers des investissements destinés à améliorer la surveillance des parcs et la restauration des écosystèmes dégradés.
Parallèlement, le troisième axe s’inscrit dans une logique d’adaptation fondée sur les solutions basées sur la nature, notamment le reboisement et la promotion de l’agroécologie. Le quatrième introduit une dimension économique explicite, axée sur la structuration de chaînes de valeur durables autour de l’écotourisme et des forêts communautaires. Enfin, le cinquième axe consacre le rôle des collectivités territoriales, désormais intégrées dans la gestion de proximité des ressources naturelles.
Des espaces naturels au cœur d’un modèle économique émergent
Au-delà de la logique de conservation, cette alliance verte traduit une évolution stratégique majeure : celle d’une valorisation économique encadrée des espaces protégés.
Le ministre de l’Environnement et des Ressources forestières, Dodzi Kokoroko, a résumé cette orientation en des termes sans ambiguïté : « Les aires protégées ne sont pas des tentes protégées pour le sommeil ». Pour lui, la préservation de la biodiversité doit désormais être pensée comme un moteur de développement local et de création d’emplois.
Dans la même dynamique, la Team Europe réaffirme un triple objectif : préserver les écosystèmes, renforcer la résilience climatique et générer des opportunités économiques durables pour les jeunes et les communautés rurales.
Sécurisation des territoires et lutte contre les pressions illégales
La mise en œuvre opérationnelle du partenariat inclut également un renforcement des capacités de terrain. Des véhicules et motos ont été remis aux services en charge des aires protégées afin d’optimiser la surveillance et de muscler la lutte contre le braconnage et les activités illégales. Cette dimension sécuritaire complète l’approche globale du programme, qui combine conservation, développement et gouvernance territoriale.
Si le lancement de Sokodé fixe le cadre stratégique, les véritables résultats dépendront de la capacité des acteurs à transformer les engagements en actions concrètes sur le terrain au cours des cinq prochaines années. Dans un contexte marqué par la pression sur les ressources naturelles et les effets du changement climatique, ce partenariat constitue ainsi un test grandeur nature pour la viabilité d’un modèle d’aires protégées productives et inclusives au Togo.
La Rédaction

