Lomé, carrefour d’une coopération scientifique régionale en pleine intensification
Lomé a récemment accueilli le 5e Congrès de la Société togolaise de radiologie et d’imagerie médicale (STRIM), couplé aux 5es Journées scientifiques de la Société bénino-togolaise de radiologie et d’imagerie médicale (SBTRIM). Cette rencontre a réuni des radiologues, enseignants-chercheurs et étudiants autour des transformations profondes qui redéfinissent l’imagerie médicale contemporaine dans la sous-région.
Une discipline médicale à l’épreuve des ruptures technologiques
Au centre des échanges, l’intelligence artificielle et la radiologie interventionnelle se sont imposées comme les deux axes majeurs de transformation des pratiques. Les participants ont souligné l’évolution rapide des outils de diagnostic, désormais appuyés par des systèmes numériques capables d’assister l’analyse médicale, d’améliorer la précision des interprétations et de réduire les marges d’erreur.
Les discussions ont également porté sur les techniques de plus en plus mini-invasives, notamment dans la prise en charge de pathologies comme les fibromes utérins ou certaines complications obstétricales, marquant une évolution progressive vers une médecine moins lourde et plus ciblée.
L’intelligence artificielle, un levier de transformation mais sous conditions
Dans les communications scientifiques, l’intelligence artificielle a été présentée comme un outil structurant pour l’avenir de la radiologie. Pour les spécialistes, elle ne constitue pas une substitution au médecin, mais un dispositif d’appui destiné à renforcer les capacités d’analyse et à optimiser les diagnostics.
Le président de la STRIM, Pr Agoda-Koussema Lama Kègdigoma, a insisté sur cette complémentarité, estimant que « l’intelligence artificielle ne remplacera pas l’Homme. Elle viendra plutôt renforcer les performances du diagnostic et contribuer à réduire les erreurs ».
Un défi d’adaptation des systèmes de santé
Si les perspectives sont jugées prometteuses, les intervenants ont toutefois mis en évidence les conditions nécessaires à une intégration efficace de ces technologies. Les systèmes de santé devront notamment investir dans les équipements, renforcer la formation continue des praticiens et encadrer l’usage de l’IA sur le plan éthique et réglementaire.
Cette transition technologique suppose également une adaptation progressive des infrastructures hospitalières afin de permettre une exploitation optimale des outils numériques avancés.
Une convergence entre politique scientifique et modernisation sanitaire
Présent aux travaux, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Pr Gado Tchangbédji, a souligné que ces réflexions s’inscrivent dans la stratégie nationale de modernisation du système de santé et de développement des compétences scientifiques locales. L’objectif affiché est de renforcer la souveraineté sanitaire à travers la montée en expertise des professionnels togolais.
Vers un espace médical ouest-africain plus intégré
Au-delà des avancées techniques, cette rencontre a également permis de consolider la coopération scientifique entre le Togo et le Bénin. Dans un contexte régional marqué par l’essor rapide des technologies d’intelligence artificielle, les deux pays entendent renforcer leurs échanges afin d’accompagner l’évolution des pratiques médicales et d’harmoniser les approches diagnostiques.
La Rédaction

