Dans la préfecture de Vo, un dispositif pilote combine nutrition, vaccination, état civil et développement de la petite enfance sous gouvernance communale
Dans la préfecture de Vo, un modèle expérimental de santé et de développement de la petite enfance est progressivement déployé, avec l’ambition de dépasser l’approche fragmentée des interventions sociales et sanitaires.
Le dispositif s’inscrit dans le prolongement d’une dynamique régionale discutée à Lomé lors d’une conférence sur la nutrition infantile réunissant 22 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il a été observé récemment lors d’une visite de terrain dans la zone d’Akoumapé.
Une réponse à la fragmentation des interventions
Le projet part d’un constat largement partagé par les acteurs de santé : la dispersion des programmes limite l’impact des politiques publiques sur la survie et le développement de l’enfant.
Déployé depuis 2026 dans la préfecture de Vo, le modèle vise à regrouper dans un même continuum les principales interventions liées à la santé maternelle et infantile, la nutrition, la vaccination, la stimulation précoce et l’enregistrement des naissances.
L’objectif affiché est d’assurer une prise en charge continue de l’enfant, du suivi prénatal jusqu’à l’âge préscolaire, en réduisant les ruptures de parcours.
Une approche multisectorielle appuyée par les partenaires
Le dispositif bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment l’UNICEF, l’OMS et l’UNFPA.
Il repose sur une articulation entre centres de santé, structures communautaires, jardins d’enfants et services d’état civil, désormais intégrés dans une logique opérationnelle commune.
Pour les acteurs impliqués, il s’agit d’un changement de paradigme : passer de programmes sectoriels isolés à une approche intégrée centrée sur les besoins de l’enfant.
Nutrition et mobilisation communautaire
La nutrition constitue l’un des piliers du dispositif, structurée autour de quatre niveaux d’intervention : ménage, communauté, centres de santé et préscolaire.
Les familles sont formées à la préparation de repas équilibrés à partir de produits locaux accessibles. Dans les centres de santé, des séances pratiques portent notamment sur les bouillies enrichies à base de maïs, soja et moringa.
Les relais communautaires et groupes de femmes jouent un rôle central dans la sensibilisation et l’accompagnement des ménages, en particulier sur l’alimentation du nourrisson et la prévention de la malnutrition.
Le numérique au service de l’état civil
Le modèle intègre une solution digitale, « Naissance Kéva », qui connecte les maternités aux services d’état civil.
L’objectif est de permettre un enregistrement plus rapide des naissances, avec un traitement administratif accéléré et un meilleur suivi des enfants, notamment pour la vaccination grâce à des systèmes d’alerte et de rappel.
Une gouvernance locale structurée
La mise en œuvre repose sur une forte implication des autorités locales, notamment les communes et les services préfectoraux, associés aux acteurs communautaires.
Des mécanismes de suivi et d’évaluation sont prévus, avec des critères de performance incluant notamment la couverture en état civil et le suivi sanitaire des enfants.
Vers une extension progressive du modèle
Les partenaires techniques, dont la Banque mondiale, considèrent l’expérience de Vo comme un laboratoire de politique publique susceptible d’être étendu à d’autres territoires.
L’enjeu est désormais celui du passage à l’échelle, dans un contexte régional où la fragmentation des interventions reste un frein majeur à l’efficacité des politiques de santé infantile.
La Rédaction

