La compétitivité du cacao togolais se joue désormais moins sur les volumes produits que sur la capacité du pays à améliorer la valeur intrinsèque de sa récolte. C’est dans cette logique de repositionnement que s’inscrit l’investissement engagé à Abrewankor, dans la préfecture de Wawa, où un dispositif spécialisé est en cours de déploiement pour renforcer les étapes critiques de transformation du cacao.
Cette orientation traduit une évolution structurelle de la filière café-cacao au Togo, qui cherche à s’extraire progressivement d’une logique de production brute pour s’inscrire dans des segments plus sélectifs, où les standards de qualité conditionnent directement l’accès aux marchés internationaux et les niveaux de rémunération.
Un investissement ciblé sur les opérations décisives
Le projet porte sur la mise en place d’un centre d’excellence dédié au traitement post-récolte du cacao, avec un investissement évalué à environ 160 millions de francs CFA, selon les données communiquées par les acteurs de la filière.
L’infrastructure vise principalement à améliorer les opérations les plus sensibles de la chaîne de valeur, notamment la fermentation et le séchage, deux étapes qui influencent fortement les arômes, la texture et, in fine, la valeur commerciale du cacao.
Un pari sur la qualité et les marchés spécialisés
Pour les responsables de la filière, cette évolution s’inscrit dans une stratégie assumée de montée en gamme. Enselme Gouthon souligne que l’ambition est de positionner le cacao togolais sur des segments de marché plus rémunérateurs, notamment ceux des chocolatiers spécialisés.
Selon lui, l’amélioration qualitative attendue pourrait permettre une revalorisation significative du produit sur le marché international, avec des écarts de prix substantiels par rapport aux standards actuels, en fonction des lots et des qualités obtenues.
Une recomposition progressive de la chaîne de valeur
Au-delà de l’infrastructure elle-même, l’enjeu réside dans la capacité du Togo à restructurer sa chaîne de valeur cacao afin de mieux capter les bénéfices de la transformation locale.
La logique est double : réduire la dépendance aux intermédiaires et favoriser des relations commerciales plus directes avec les acheteurs internationaux, tout en améliorant les revenus des producteurs à la base.
Dans cette perspective, le centre d’Abrewankor apparaît comme un levier technique destiné à accompagner une mutation plus large de la filière cacao togolaise.
La Rédaction

