Le 10 mai marque la reconnaissance officielle de l’esclavage comme crime contre l’humanité en France
Instituée en 2006, la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition s’inscrit dans le calendrier républicain français comme un moment de recueillement et de transmission. Elle consacre la reconnaissance par l’État de l’esclavage comme crime contre l’humanité, et invite à interroger les héritages historiques de la traite négrière.
Une date liée à la mémoire législative
Le choix du 10 mai renvoie à l’adoption définitive de la loi du 21 mai 2001, dite loi Taubira, portée par Christiane Taubira. Ce texte historique a fait de la France l’un des premiers pays à reconnaître officiellement la traite négrière transatlantique et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
La date retenue pour la commémoration symbolise ainsi un acte de reconnaissance juridique et mémorielle, au-delà des différentes dates d’abolition de l’esclavage.

Buste réalisé en 1868 représentant une femme noire entravée, devenu une œuvre symbolique de dénonciation de l’esclavage.
Des commémorations à l’échelle nationale
Chaque année, cette journée donne lieu à des cérémonies officielles et à des initiatives culturelles sur l’ensemble du territoire.
À Paris, une cérémonie nationale est traditionnellement organisée en présence des autorités de l’État, rassemblant institutions, associations et acteurs de la mémoire autour d’un temps de recueillement.
Dans plusieurs villes comme Nantes et Bordeaux, fortement liées à l’histoire de la traite négrière, des expositions, conférences, parcours mémoriels et actions pédagogiques sont proposés au public. Ces espaces de mémoire, notamment les musées et lieux historiques, jouent un rôle central dans la transmission de cette histoire.
Une mémoire élargie dans le temps et l’espace
Cette journée s’inscrit dans un cadre plus large de commémorations, parfois appelé le Temps des mémoires, qui s’étend sur plusieurs semaines autour du printemps. Il englobe différentes dates d’abolition dans les territoires ultramarins français, rappelant la diversité des trajectoires historiques liées à l’esclavage.
Transmission, recherche et lutte contre les discriminations

La sculpture Le Cri, l’Écrit de Fabrice Hyber, installée dans le jardin parisien, commémore l’abolition de l’esclavage.
Au-delà de la commémoration, cette journée poursuit plusieurs objectifs fondamentaux : renforcer la transmission de cette histoire dans les programmes scolaires, soutenir la recherche historique et scientifique, et sensibiliser aux formes contemporaines d’exploitation et de discrimination.
Elle s’inscrit ainsi dans une démarche de compréhension du passé au service des enjeux du présent.
Une mémoire toujours active
La Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition rappelle que la mémoire historique n’est pas figée. Elle constitue un outil de réflexion collective, essentiel pour comprendre les dynamiques sociales contemporaines et lutter contre toutes les formes d’injustice.
La Rédaction

