Le navire de croisière MV Hondius reste immobilisé au large du Cap-Vert, au cœur d’une crise sanitaire qui prend une nouvelle dimension. L’Organisation mondiale de la santé a confirmé un deuxième cas d’infection à hantavirus et évoque désormais la possibilité d’une transmission interhumaine, une hypothèse rare pour ce type de virus.
Une situation sanitaire qui s’aggrave à bord
Selon le dernier point de situation publié par l’OMS, sept cas ont été recensés à ce stade :
- deux cas confirmés en laboratoire
- cinq cas suspects en cours d’analyse
Le bilan humain reste préoccupant avec trois décès, un patient dans un état critique et plusieurs cas présentant des symptômes légers.
Les premiers signes cliniques observés incluent fièvre, troubles gastro-intestinaux et, dans certains cas, une évolution rapide vers des formes respiratoires sévères.
Une hypothèse rare : la transmission interhumaine
C’est l’élément nouveau qui change la lecture de la crise.
Habituellement transmis par contact avec des rongeurs infectés, le Hantavirus ne se propage que très rarement entre humains.
Mais selon l’OMS, cette piste n’est désormais plus exclue.
L’organisation estime que les premiers cas ont probablement été infectés avant l’embarquement, notamment lors d’un passage en Amérique du Sud, mais une transmission secondaire entre personnes en contact étroit à bord du navire est envisagée.
Une telle configuration, bien que rare, a déjà été observée lors de précédentes épidémies.
Une chaîne de contamination encore floue
L’un des cas confirmés concerne une passagère ayant quitté le navire à Sainte-Hélène avant de décéder en Afrique du Sud après une aggravation rapide de son état.
Les autorités sanitaires ont lancé une recherche des contacts, notamment parmi les passagers d’un vol régional, afin de contenir tout risque de propagation.
Une gestion internationale en cours
Face à l’impasse, le navire devrait poursuivre sa route vers les îles Canaries, où les autorités espagnoles ont indiqué être prêtes à l’accueillir pour une évaluation complète de la situation sanitaire.
En parallèle, des mesures sont en cours :
- isolement des cas
- prise en charge médicale
- analyses de laboratoire
- préparation d’éventuelles évacuations sanitaires
Un risque jugé faible mais surveillé
Malgré la gravité de certains cas, l’OMS insiste sur un point essentiel : le risque pour la population mondiale reste faible.
Contrairement à des virus comme la grippe ou le Covid-19, le hantavirus ne présente pas de dynamique de propagation rapide à grande échelle.
Une crise sanitaire maritime sous haute vigilance
Cette affaire illustre une nouvelle fois la complexité des crises sanitaires en mer, où confinement, mobilité internationale et incertitudes médicales se croisent.
À bord du MV Hondius, l’attente se prolonge, tandis que la priorité reste désormais double : contenir le foyer et comprendre précisément les mécanismes de transmission.
La Rédaction

