Le Ghana a suspendu ses exportations d’électricité vers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Togo, le Bénin et le Burkina Faso, à la suite d’un incident technique majeur survenu sur son réseau énergétique. La décision intervient dans un contexte de tension sur l’approvisionnement intérieur, après une perte importante de capacité de production et de transport électrique.
Une panne majeure au cœur du système hydroélectrique
L’incident est survenu le 23 avril dans une sous-station liée au complexe hydroélectrique d’Barrage d’Akosombo, situé dans l’est du pays. L’événement, décrit comme un incendie, a endommagé des installations essentielles du réseau de transport électrique.
Selon les estimations des autorités, la perte de capacité serait comprise entre 720 et près de 1 000 mégawatts, soit une part significative du système énergétique national. Cette baisse intervient alors que la demande de pointe du pays avoisine habituellement les 4 400 MW.
Priorité au marché intérieur
Face à ce déficit, les autorités ont décidé de rediriger l’ensemble de la production disponible vers le marché domestique, suspendant temporairement les exportations d’électricité vers les pays voisins.
Jusqu’ici, le Ghana s’était imposé comme un exportateur net d’électricité en Afrique de l’Ouest, contribuant à l’alimentation de plusieurs réseaux régionaux. Cette situation est désormais suspendue afin de stabiliser l’approvisionnement national.
Les opérateurs Electricity Company of Ghana et GRIDCo ont été mobilisés pour optimiser la production des centrales thermiques et compenser partiellement la perte de capacité hydraulique.
Un retour progressif à la normale
Les équipes techniques travaillent actuellement à la remise en service progressive des unités du barrage d’Akosombo. Les autorités évoquent une reprise graduelle, avec un objectif de réactivation rapide d’une première unité avant une montée en charge progressive du reste des installations.
Un comité d’enquête a également été mis en place afin de déterminer les causes exactes de l’incident et de proposer des mesures de prévention pour éviter la répétition d’un tel événement.
Une vulnérabilité structurelle du système énergétique
Au-delà de la crise immédiate, cet épisode met en lumière les fragilités structurelles du réseau électrique ghanéen. Les autorités elles-mêmes reconnaissent que la résilience du système nécessite une capacité de réserve estimée à environ 20 %, un seuil actuellement insuffisant.
Cette faiblesse rend le réseau particulièrement sensible aux incidents localisés, capables de provoquer des perturbations à l’échelle nationale et régionale.
Un rappel des interdépendances énergétiques régionales
La suspension des exportations rappelle également le niveau d’interconnexion énergétique entre les pays d’Afrique de l’Ouest. La stabilité du système repose en partie sur les échanges transfrontaliers, désormais interrompus temporairement pour des raisons de sécurité énergétique nationale.
Dans ce contexte, la crise actuelle souligne la dépendance mutuelle des réseaux électriques régionaux et les limites des marges de manœuvre en cas de choc technique majeur.
La Rédaction

