Le Botswana poursuit sa stratégie de repositionnement économique en multipliant les partenariats internationaux hors du secteur diamantaire. Dernier en date : une série d’accords conclus avec Oman à l’issue d’une visite officielle du président Duma Boko à Mascate, marquant une volonté assumée d’accélérer la diversification des ressources nationales et des infrastructures énergétiques.
Ces engagements interviennent dans un contexte où l’économie botswanaise, longtemps portée par le diamant, cherche de nouveaux relais de croissance face à un marché mondial moins porteur.
Une ouverture plus large du sous-sol botswanais
Le premier axe de coopération concerne l’exploration minière. Les deux pays ont convenu d’intensifier la recherche de ressources sur une grande partie du territoire botswanais encore peu cartographié sur le plan géologique.
Cette nouvelle phase de prospection cible plusieurs minerais stratégiques, notamment le cuivre, l’or, le fer et le graphite. Pour Gaborone, l’enjeu est clair : réduire une dépendance structurelle au diamant, qui demeure une source majeure de devises mais dont les performances sont désormais plus volatiles.
L’énergie solaire comme levier de transformation
Le second pilier de l’accord porte sur la production d’électricité à partir de sources renouvelables. Un projet de centrale solaire d’environ 500 mégawatts doit être développé dans le nord-ouest du pays, avec un dispositif de stockage par batteries destiné à sécuriser l’approvisionnement énergétique.
Confié à une filiale du groupe omanais O-Green, le projet inclut l’ensemble de la chaîne de réalisation, du financement à l’exploitation. Sa durée de vie est estimée à plus de deux décennies, ce qui en fait l’un des projets énergétiques les plus structurants envisagés par le pays à ce stade.
Stockage pétrolier et intégration régionale
Le troisième volet de la coopération concerne les infrastructures pétrolières. Botswana Oil Limited a signé un accord avec le groupe OQ S.A.O.C pour développer des capacités de stockage, à la fois sur le territoire botswanais et dans la zone portuaire de Walvis Bay, en Namibie.
Si les détails techniques restent limités, cette initiative traduit une ambition plus large : intégrer le Botswana dans des circuits logistiques énergétiques régionaux, malgré son statut de pays enclavé.
Une transition économique encore inachevée
Ces accords s’inscrivent dans une période charnière pour le Botswana. Le pays reste fortement dépendant de l’industrie diamantaire, qui constitue une part essentielle de ses exportations, mais il est confronté à un ralentissement structurel du secteur.
Dans ce contexte, la stratégie des autorités repose sur une double dynamique : diversification minière et montée en puissance des énergies renouvelables, avec l’objectif de réduire progressivement la vulnérabilité économique du pays face aux fluctuations du marché mondial.
La Rédaction

