La plateforme régionale GIM-UEMOA veut reprendre le contrôle des transactions face à Visa et Mastercard
Depuis février 2026, Minayegnan Coulibaly, directeur général du Groupement interbancaire monétique de l’UEMOA (GIM-UEMOA), sillonne les pays de la région pour convaincre banques et commerçants de passer leurs transactions électroniques via la plateforme régionale plutôt que par les géants américains du paiement, Visa et Mastercard.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une décision du Conseil des ministres de l’UEMOA de 2015, qui visait à centraliser les paiements électroniques dans la zone afin de renforcer l’autonomie économique et la souveraineté monétaire de l’Afrique de l’Ouest. Malgré cette directive, Visa et Mastercard continuent de capter la majorité des transactions, invoquant des contraintes techniques et demandant un nouveau report jusqu’en octobre 2026.
Le défi pour le GIM-UEMOA est de taille : la plateforme régionale reste moins connue et moins intégrée dans le commerce en ligne international, et ses infrastructures ne disposent pas encore de la puissance technologique et financière de ses concurrents américains. Pour inverser la tendance, le GIM-UEMOA mise sur la mobilisation des banques locales et des commerçants afin de créer une masse critique capable de renforcer la pression sur Visa et Mastercard.
Au-delà du simple litige technique, cette bataille symbolise un enjeu stratégique pour la région : garantir la souveraineté numérique et financière, limiter la fuite des capitaux et créer un système de paiement intégré, sécurisé et autonome. Le succès de cette initiative dépendra donc de l’adhésion collective des acteurs économiques locaux et de leur capacité à soutenir une plateforme régionale crédible face aux multinationales.
Cette confrontation illustre également un débat plus large sur l’indépendance économique de l’Afrique de l’Ouest, où le contrôle des paiements électroniques devient un levier essentiel pour le développement régional et la sécurité financière.
La Rédaction

