Au Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, la population ressent de nouveau la peur d’un conflit imminent. Depuis quelques jours, les discussions autour d’un regain de tensions entre Addis-Abeba et Asmara alimentent l’angoisse des habitants, déjà marqués par la guerre qui a secoué la région il y a quelques années.
Les civils observent avec inquiétude la présence persistante de troupes érythréennes sur le territoire éthiopien, un sujet de discorde diplomatique depuis plusieurs années. Les autorités éthiopiennes réclament leur retrait immédiat, dénonçant des manœuvres militaires qui entretiennent la méfiance et risquent de raviver les hostilités passées. Du côté de l’Érythrée, les accusations sont rejetées et les tensions restent vives.
Cette atmosphère instable se traduit dans la vie quotidienne. À Shire, ville située au cœur du Tigré, de nombreuses familles envisagent de quitter la région par peur d’un nouveau siège ou d’affrontements. Les jeunes, souvent très actifs sur les réseaux sociaux, partagent leur anxiété et craignent un retour de la violence. Dans les camps de déplacés, cette inquiétude est encore plus palpable, certains adolescents racontant leur désarroi face à l’idée d’être séparés de leur famille si le conflit reprenait.
Les témoignages révèlent un traumatisme profond et durable. Pour beaucoup, la crainte n’est pas seulement militaire, mais liée à la survie quotidienne et à la fragilité des infrastructures locales, qui rendent la population particulièrement vulnérable en cas d’escalade.
Alors que la communauté internationale appelle au dialogue et à la diplomatie, le Tigré reste suspendu à l’évolution des relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée. La priorité des habitants est claire : éviter le retour de la guerre et retrouver une stabilité durable dans une région qui porte encore les cicatrices du passé.
La Rédaction

