La transition malgache monte au créneau. Antananarivo dénonce la réception officielle accordée par le Royaume d’Eswatini à l’ancien président déchu Andry Rajoelina, qu’elle considère comme une atteinte à la souveraineté nationale et une menace pour le processus de réconciliation engagé après la crise de 2025.
La diplomatie malgache durcit le ton. La présidence de la Refondation de la République de Madagascar a exprimé sa « condamnation la plus ferme » après l’accueil officiel réservé par le Royaume d’Eswatini à Andry Rajoelina, ancien chef de l’État renversé à la suite des troubles de 2025. Pour Antananarivo, ce geste dépasse le simple cadre protocolaire et s’apparente à une remise en cause directe de la souveraineté du pays.
Dans un communiqué publié samedi, les autorités de transition estiment que cette initiative constitue un mépris des principes de justice et une offense à la mémoire des victimes des violences de septembre et octobre 2025, qui avaient coûté la vie à une trentaine de citoyens. Elles rappellent également que M. Rajoelina ne dispose plus de la nationalité malgache, l’ayant perdue volontairement, ce qui retire toute légitimité à une reconnaissance officielle à l’étranger.
La situation est d’autant plus sensible que l’ancien président était au pouvoir lors de ces événements tragiques. Ces violences, sur fond de crise sociale et politique, avaient déclenché un soulèvement populaire largement porté par la génération Z, précipitant la chute du régime. Depuis, Madagascar est dirigé par un pouvoir de transition conduit par le colonel Michael Randrianirina, chargé de piloter la reconstruction institutionnelle.
Pour la présidence, l’attitude d’Eswatini risque d’alimenter les tensions internes et de perturber les efforts de réconciliation nationale, accompagnés par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Toute reconnaissance politique implicite de l’ex-président affaiblirait, selon Antananarivo, la dynamique de stabilisation en cours.
Face à cette situation, Madagascar a adressé une lettre officielle au secrétariat exécutif de la SADC et au président sud-africain Cyril Ramaphosa afin de porter à leur connaissance ses préoccupations et de solliciter un traitement diplomatique de cette question. La présidence réaffirme son engagement ferme pour la défense de la souveraineté nationale, la dignité du peuple malgache et le respect dû aux victimes de la crise de 2025, estimant qu’aucun protocole ni calcul politique ne saurait prévaloir sur ces principes.
La Rédaction

