Dans l’est de la République démocratique du Congo, chaque progrès diplomatique est suivi avec attention. Les Nations unies ont salué les avancées réalisées dans les discussions facilitées par le Qatar entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), qui contrôle encore de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon l’ONU, le processus de Doha vise à rendre opérationnel le cessez-le-feu prévu dans l’accord-cadre signé en novembre 2025. Lundi, Kinshasa et l’AFC/M23 ont signé un document définissant les termes de référence du mécanisme de suivi et de vérification des hostilités. Une étape technique mais essentielle pour transformer les engagements politiques en dispositif concret sur le terrain.
Ces discussions interviennent un an après une séquence militaire brutale. En janvier 2025, le M23 s’emparait de Goma, capitale du Nord-Kivu, avant la chute de Bukavu, au Sud-Kivu. Depuis, le mouvement a mis en place des administrations parallèles, tandis que Kinshasa accuse Kigali de soutenir la rébellion, ce que le Rwanda dément.
La médiation du Qatar s’inscrit dans un cadre plus large. En parallèle, la RDC et le Rwanda ont engagé un dialogue sous l’égide des États-Unis. Le 4 décembre, à Washington, Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont signé des accords visant à apaiser les tensions régionales et à contenir l’extension du conflit.
Malgré ces signaux, l’ONU rappelle que la situation sécuritaire reste volatile. La Mission des Nations unies en RDC (MONUSCO), autorisée par la résolution 2808 (2025), se dit prête à appuyer la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent via un soutien technique au mécanisme de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). « La MONUSCO se tient prête à appuyer un mécanisme crédible dans le respect de la souveraineté de la RDC », a déclaré sa cheffe par intérim, Vivian van de Perre.
Les Casques bleus, aujourd’hui déployés en Ituri et au Nord-Kivu, doivent envoyer une première équipe à Uvira, dans le Sud-Kivu. La Mission précise qu’il ne s’agit pas d’un retour durable, mais d’un appui ciblé à la surveillance du cessez-le-feu.
Si Doha marque une avancée, la paix reste fragile. Le M23 conserve une forte emprise territoriale et les civils continuent de subir les conséquences du conflit. Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de transformer les accords diplomatiques en amélioration réelle de la sécurité dans le Kivu.
La Rédaction

