Un tribunal néerlandais a condamné mardi Amanuel Walid à 20 ans de réclusion. Cet Érythréen était à la tête d’un réseau criminel qui exploitait des migrants sur la route reliant l’Afrique à l’Europe via la Libye. Il a été reconnu coupable de traite d’êtres humains, d’extorsion, de prise d’otages et d’abus sexuels.
Selon le jugement, Walid et ses complices ont soumis des milliers de migrants à des sévices systématiques. Privées de nourriture, de soins et de liberté, ces victimes étaient torturées tandis que leurs familles, souvent installées aux Pays-Bas, étaient contraintes de verser d’importantes sommes d’argent pour faire cesser les violences. Les migrants étaient parfois filmés pendant les tortures ou forcés à appeler leurs proches sous la menace d’une aggravation des mauvais traitements. Ce n’est qu’après réception des fonds que les passeurs les embarquaient sur des embarcations de fortune pour la traversée de la Méditerranée, un voyage qui s’est révélé fatal pour de nombreuses personnes.
Le juge a insisté sur la gravité exceptionnelle des crimes et souligné l’absence totale de remords du condamné, jugé pleinement responsable de ses actes. La défense avait tenté de contester son identité et son âge, invoquant également une procédure judiciaire antérieure en Éthiopie, mais le tribunal a écarté ces arguments et confirmé le rôle central de Walid dans les activités de trafic opérant depuis Bani Walid, en Libye.
Les procureurs ont présenté Walid comme l’un des passeurs les plus actifs sur cette route migratoire. L’enquête, qui s’est étalée sur plusieurs années, a été menée en collaboration avec Interpol et la Cour pénale internationale. Elle révèle la situation alarmante en Libye, où l’instabilité persistante depuis la chute du régime de Kadhafi continue d’offrir un terrain propice aux réseaux de trafiquants, soumettant des milliers de migrants à des conditions proches de l’esclavage moderne.
La Rédaction

