Les États-Unis intensifient leur coopération avec le Nigeria pour traquer les jihadistes affiliés à l’État islamique, en multipliant les livraisons de matériel et le partage de renseignements, selon le lieutenant-général John Brennan, responsable de l’US Africom. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à soutenir les forces africaines tout en limitant la présence directe de troupes américaines sur le continent.
Le renforcement de l’appui américain intervient alors que le Nigeria fait face à une recrudescence des violences jihadistes, principalement dans le nord-est et le nord-ouest du pays. Boko Haram et sa branche dissidente, l’ISWAP (Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique), restent les groupes les plus préoccupants, dotés de capacités opérationnelles et de réseaux transfrontaliers qui compliquent l’action des forces locales. Selon Brennan, « de la Somalie au Nigeria, les problématiques sont liées. Nous essayons de démanteler ces réseaux et de fournir aux partenaires les informations dont ils ont besoin. »
Des frappes conjointes et un soutien ciblé
Le renforcement de la coopération se traduit concrètement par le partage de renseignements destiné à appuyer les frappes aériennes nigérianes. La semaine de Noël, des frappes conjointes ont visé le nord-ouest du Nigeria, touchant des éléments de l’ISSP, une autre faction affiliée à l’État islamique. L’impact de ces opérations reste difficile à mesurer, et le ministre nigérian de l’Information, Mohammed Idris, a qualifié la situation de « travail en cours ».
Au-delà des frappes, l’accent est mis sur la montée en compétences des forces nigérianes : équipement, moyens opérationnels et informations précises pour améliorer l’efficacité des missions sur le terrain.
Une coordination régionale étendue
La coopération américaine s’étend également aux pays du Sahel, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Malgré les coups d’État ayant fragilisé certaines chaînes de commandement, Washington maintient des échanges sécuritaires et un soutien au ciblage des groupes terroristes, tout en veillant à ne pas établir de bases permanentes dans la région. L’objectif reste de renforcer les capacités locales et d’appuyer les forces africaines pour qu’elles puissent agir de manière autonome et efficace.
Un contexte diplomatique sensible
Cette stratégie militaire s’accompagne d’enjeux diplomatiques. Les États-Unis ont exprimé leur préoccupation face aux persécutions de minorités religieuses, en particulier des chrétiens, ce que le gouvernement nigérian conteste, rappelant que les violences frappent indistinctement civils musulmans et chrétiens. Lors des discussions à Abuja, les responsables américains ont insisté sur la nécessité de protéger toutes les populations vulnérables afin de limiter l’exploitation des tensions par les groupes armés.
En résumé, Washington privilégie désormais un soutien indirect mais opérationnel, basé sur le renseignement, l’équipement et la formation, pour permettre aux forces africaines de mieux contenir les factions de l’État islamique tout en maintenant un équilibre diplomatique délicat.
La Rédaction
Source : AFP / US Africom

