Le retrait effectif des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé marque une rupture historique dans la gouvernance sanitaire mondiale. Décidé par Donald Trump en janvier 2025, ce départ est devenu effectif en 2026 après le délai réglementaire d’un an, provoquant des inquiétudes sur le plan financier, politique et stratégique.
Une décision politique devenue réalité juridique
Quelques heures après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump signait un décret ordonnant la sortie des États-Unis de l’OMS. Washington invoque la nécessité de « retrouver son indépendance » et de rendre la politique sanitaire aux Américains. Robert Kennedy Jr et Marco Rubio accusent l’OMS d’avoir failli pendant la pandémie de Covid-19 et d’avoir agi contre les intérêts américains.
À Genève, Tedros Adhanom Ghebreyesus dénonce des « raisons fausses » et rappelle que l’OMS a toujours dialogué avec Washington dans le respect de sa souveraineté.
Covid-19, terrain de conflit
Le cœur du désaccord reste la gestion du Covid-19. Les États-Unis reprochent à l’OMS d’avoir encouragé des mesures jugées excessives : port du masque, vaccination, restrictions sociales. L’OMS rappelle qu’elle ne contraint jamais les États, mais émet des recommandations basées sur les données scientifiques, laissant aux gouvernements la décision finale.
Pour Tedros, transformer ces conseils en fautes politiques déforme le rôle réel de l’organisation, dont l’objectif est de coordonner, informer et anticiper les crises sanitaires mondiales.
Impact financier et stratégique
Les États-Unis étaient le principal contributeur de l’OMS. Leur départ fragilise les programmes de vaccination, de surveillance épidémiologique et de lutte contre les grandes maladies. Washington doit encore environ 260 millions de dollars à l’organisation, une condition nécessaire pour finaliser le retrait.
Au-delà de l’argent, c’est la coopération internationale qui est affectée. Une pandémie ne connaît pas de frontières, et en quittant l’OMS, les États-Unis affaiblissent la capacité collective à anticiper et gérer les crises sanitaires futures.
Le retrait américain dépasse le cadre administratif. Il traduit une politisation croissante de la santé mondiale. Comme le souligne Tedros Adhanom Ghebreyesus, face aux virus, aucun pays ne peut agir seul. En se retirant, Washington ne gagne pas en souveraineté sanitaire : il contribue à une vulnérabilité collective et à la fragilisation de la sécurité mondiale.
La Rédaction

