Un mouvement populaire encouragé mais abandonné
Depuis fin décembre 2025, l’Iran traverse l’une des phases de contestation les plus graves de son histoire récente. Ce mouvement, initialement motivé par l’effondrement économique, l’inflation galopante et la dégradation des conditions de vie, est rapidement devenu un soulèvement politique réclamant des réformes profondes et un changement du régime.
Des manifestations vigoureuses face à la répression
À son apogée, le mouvement a rassemblé des manifestants de toutes les couches sociales et régions du pays, défiant le pouvoir central dans des dizaines de villes. Les slogans appelaient à la fin de la domination cléricale et à davantage de libertés individuelles.
Mais les autorités iraniennes ont répondu avec une répression massive et violente. Les forces de sécurité, dont le Corps des gardiens de la révolution, ont utilisé des tirs à balles réelles et des gaz lacrymogènes. Depuis le début des manifestations, des milliers de personnes ont été tuées et arrêtées, selon les ONG, tandis que l’accès à internet a été fortement restreint, rendant difficile toute estimation précise.
Arrestations massives et climat de peur
Les arrestations ont été arbitraires et massives, ciblant manifestants, activistes et leaders présumés. Dans les prisons, surpeuplées et surveillées, des craintes de mauvais traitements et de torture persistent. Ces mesures ont considérablement affaibli le mouvement et contribué à son essoufflement.
Trump et la promesse symbolique : « L’aide arrive »
Au milieu de cette crise, Donald Trump a publié une déclaration aux manifestants iraniens, les appelant à « continuer à protester » et assurant que « l’aide est en route ». Il les encourageait même à « prendre le contrôle de leurs institutions ».
Si ces propos ont suscité de l’espoir chez certains Iraniens, aucune aide concrète — militaire, diplomatique ou logistique — n’est arrivée. La promesse est restée symbolique, accentuant le contraste entre les attentes des manifestants et la réalité sur le terrain.
Déception et désillusion des manifestants
Pour beaucoup de participants, les déclarations étrangères ont rapidement laissé place à la déception et au sentiment d’abandon. Les Iraniens avaient espéré un soutien tangible : pressions internationales, interventions diplomatiques, accès à internet ou sanctions ciblées. Face à l’absence d’action concrète, l’enthousiasme initial s’est transformé en frustration et scepticisme.
La réaction du régime iranien
Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a vivement réagi, accusant Trump et les États-Unis d’être responsables de la mort des manifestants. Le régime a cherché à présenter les protestataires comme des agents d’influence étrangère pour délégitimer le mouvement et justifier la répression. Les autorités ont également menacé toute intervention extérieure, affirmant qu’elle constituerait une « ligne rouge ».
Un mouvement étouffé mais pas disparu
Sous la pression de la répression, des arrestations massives et des coupures d’internet, les manifestations ont ralenti. Les rues de Téhéran et d’autres villes apparaissent plus calmes qu’au pic du mouvement, mais des tensions latentes subsistent. Le contraste entre l’espoir suscité par des mots étrangers et la réalité brutale sur le terrain illustre la complexité et la fragilité de ce soulèvement.
La Rédaction

