Dimanche, la Centrafrique se tient au bord d’un tournant historique. Faustin-Archange Touadéra, 68 ans, président depuis 2016, brigue un troisième mandat, défiant la limite des mandats abolie lors du référendum constitutionnel de 2023. Face à six concurrents, dont l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé, qui avait échoué de peu en 2020, Touadéra apparaît comme le maître du jeu, fort de son contrôle sur les institutions et d’une popularité renforcée par le retour partiel de la sécurité dans le pays.
Sa présidence se distingue par des alliances stratégiques, notamment avec la Russie, qui fournit protection militaire en échange de l’accès aux trésors centrafricains, l’or et le diamant. Ces partenariats ont permis de contenir certaines zones sous influence rebelle, souvent avec l’aide de mercenaires russes et de forces rwandaises, opérant aux côtés des Casques bleus de la Minusca.
Cette année, Touadéra a multiplié les accords de paix avec des groupes armés disséminés sur le territoire. Lors d’un meeting à Bangui, il a proclamé : « La paix commence à revenir, de nos frontières jusqu’à la capitale ». Mais la réalité reste fragile : les incursions venues du Soudan et la présence persistante de rebelles rappellent que la sécurité demeure précaire.
L’opposition dénonce un calendrier électoral conçu pour prolonger le mandat du président et critique son bilan économique. Pour les 5,5 millions d’habitants, les infrastructures restent vétustes et l’économie peine à décoller, malgré les promesses de stabilité et de reconstruction.
Le scrutin inclut également des élections législatives et municipales, avec des résultats provisoires attendus le 5 janvier. Si aucun candidat ne franchit la barre des 50 %, un second tour sera organisé en février. Les observateurs internationaux mettent en garde : tout dysfonctionnement pourrait servir de prétexte à des tensions et des violences, rappelant la fragilité politique du pays.
Dans cette course vers un troisième mandat, Touadéra joue son avenir et celui de la Centrafrique sur un fil ténu, entre promesses de paix et réalités d’un pays encore en reconstruction.
La Rédaction

