La République démocratique du Congo, déjà mondialement reconnue pour ses exportations de cuivre et de cobalt, regarde désormais vers un nouveau minerai : le fer. Cette ambition, annoncée par le ministre des Mines Louis Watum fin novembre lors du forum économique Makutano à Kinshasa, pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans la diversification minière du pays.
Une ressource colossale
Le ministre Watum a souligné que la grande province orientale recèlerait environ 20 milliards de tonnes de minerai de fer, un potentiel qui pourrait significativement renforcer les revenus miniers du pays. « Vingt milliards pèsent vingt milliards », a insisté le ministre, illustrant l’importance économique potentielle de cette ressource.
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Si la RDC est surtout associée au cuivre, au cobalt et au coltan, elle entend désormais se positionner sur le marché mondial du fer. Cette démarche illustre une stratégie claire : diversifier ses ressources pour réduire sa dépendance à quelques minerais clés et anticiper la demande internationale.
Des chiffres à valider
Le potentiel du fer en RDC n’est pas totalement inédit. Le gisement de Banalia, identifié en 2008, avait été évalué à 900 millions de tonnes, avec une production annuelle estimée entre 50 et 60 millions de tonnes. Néanmoins, ces chiffres nécessitent encore des certifications officielles. Des experts avertissent également que la première exploitation commerciale ne pourrait démarrer avant 15 à 20 ans, ce qui en fait un projet à long terme.
Défis logistiques majeurs
L’exploitation du fer dans cette région pose plusieurs défis, notamment en matière de transport et d’infrastructures. « Le fer ne peut pas être acheminé sur de simples camions, contrairement au cuivre ou au cobalt. Il faut une voie ferrée qui n’existe pas encore », explique Jacques Mukena, expert à l’institut de recherche congolais Ebuteli. La mise en place de cette infrastructure sera cruciale pour la rentabilité du projet.
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À l’échelle mondiale, le prix de la tonne de fer tourne actuellement autour de 105 à 110 dollars, mais l’entrée en production du gisement de Simandou en Guinée, prévue pour 2028 avec 120 millions de tonnes annuelles, pourrait saturer le marché et faire baisser les cours.
Une vision à long terme
Si le calendrier est respecté, l’exploitation du fer pourrait transformer le secteur minier congolais et renforcer la position du pays sur la scène internationale. Mais pour l’instant, le projet reste avant tout une ambition stratégique, qui nécessitera investissements, certifications et infrastructures pour se concrétiser.
La Rédaction

