Uvira, RDC — Quelques jours après l’occupation du M23, Uvira, ville stratégique de l’est de la République démocratique du Congo, observe un retour progressif à la vie normale. Toutefois, les stigmates des combats et la peur restent omniprésents, bouleversant le quotidien des habitants.
Des traces de violence encore visibles
À Kamanyola, Katogota et Luvungi, les habitants découvrent encore les destructions causées par les affrontements entre les Forces armées congolaises (FARDC) et les rebelles du M23. Samuel Masikitiko, témoin direct des combats à Luvungi, raconte : « J’ai vu un conducteur de moto frappé par une explosion alors que les civils fuyaient. À Sange, neuf personnes ont perdu la vie à cause des bombes, sans qu’on sache si elles provenaient du M23 ou des forces gouvernementales. »
Ces images de chaos témoignent d’une violence qui a touché plusieurs villages et villes environnantes, laissant la population dans un état de traumatisme et d’incertitude sur l’avenir immédiat.
Des chiffres alarmants
Les autorités congolaises rapportent plus de 400 morts et environ 200 000 déplacés à la suite des combats. La prise d’Uvira par le M23 confère aux rebelles un contrôle stratégique de la frontière avec le Burundi, limitant le soutien militaire que Kinshasa pourrait espérer de Bujumbura. Plus de 40 000 Congolais ont déjà traversé la frontière pour se réfugier au Burundi, illustrant l’ampleur de la crise humanitaire.
La vie quotidienne sous tension
Samedi, les rues de la ville étaient quasi désertes. Les banques sont restées fermées et seules quelques personnes se sont aventurées dehors dans la journée. Après le coucher du soleil, les patrouilles armées du M23 imposaient un silence inquiétant. Ce climat anxiogène survient quelques jours après la ratification d’un accord entre Kinshasa et Kigali, accentuant l’incertitude sur la stabilité régionale.
Esther Maria, habitante d’Uvira, confie : « Beaucoup ont quitté la ville, mais nous sommes restés. Nous n’avons pas repris nos activités normales car les commerces sont fermés et l’argent ne circule pas, mais nous sommes en sécurité et en bonne santé. »
Une situation humanitaire critique
La présence des rebelles du M23 et le contrôle des routes stratégiques compliquent l’accès à l’aide humanitaire. Les organisations locales et internationales sont confrontées à des difficultés pour atteindre les populations déplacées, tandis que les habitants tentent de reconstruire leur quotidien dans un contexte incertain.
À Uvira, la vie reprend lentement après la prise du M23, mais la peur, la destruction et l’exode massif continuent de peser sur la population. Les prochains jours seront cruciaux pour la stabilité de cette région stratégique de l’est de la RDC.
La Rédaction

