Cotonou, 15 décembre 2025 – Une semaine après l’échec spectaculaire de la tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon, le climat politique au Bénin reste extrêmement tendu. Alors que des figures de l’opposition sont interpellées, la CEDEAO déploie ses forces pour soutenir le gouvernement et maintenir la stabilité nationale, soulignant l’importance régionale de la crise.
Arrestation symbolique et pression sur l’opposition
Dans ce contexte, l’arrestation de Chabi Yayi, fils de l’ancien président et leader de l’opposition Thomas Boni Yayi, a marqué les esprits. Selon plusieurs sources proches de la famille, il a été interpellé tôt dimanche matin à son domicile, sans qu’aucune justification officielle n’ait été communiquée. L’entourage ignore les chefs d’accusation exacts et si cette interpellation est directement liée aux événements du 7 décembre.
Le parti Les Démocrates, dirigé par Boni Yayi, se retrouve dans une situation délicate : afficher un soutien à la démocratie et au respect des institutions tout en faisant face à l’arrestation de l’un de ses membres les plus symboliques. L’ancien président avait, deux jours après le putsch avorté, condamné fermement la tentative de coup d’État via une intervention vidéo.
Parallèlement, d’autres interpellations ont visé Candide Azannaï, ancien ministre de la Défense et figure de l’opposition, placé en garde à vue pour « complot contre l’autorité de l’État et incitation à la rébellion ». Un mandat d’arrêt international a été émis contre l’activiste panafricaniste Kémi Seba, accusé d’avoir soutenu publiquement la tentative de coup d’État, qualifiée par lui de « jour de libération ».
La CEDEAO, pivot de la stabilité
Face à la menace sécuritaire, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est intervenue rapidement. Environ 200 soldats nigérians et ivoiriens ont été déployés sur le territoire béninois pour épauler les forces nationales dans la sécurisation des institutions stratégiques et des infrastructures vitales. Leur mission : garantir la stabilité et prévenir toute résurgence du mouvement putschiste.
Cette mobilisation traduit l’importance de l’engagement régional : la CEDEAO agit non seulement pour protéger le gouvernement légal, mais aussi pour assurer un signal clair à tous les acteurs politiques, internes comme externes, que l’ordre constitutionnel doit prévaloir. L’organisation a parallèlement condamné toute tentative de déstabilisation et appelé à la retenue politique.
Enquête en cours et zones d’ombre
Malgré ces mesures, plusieurs acteurs clés du putsch, dont le lieutenant-colonel Pascal Tigri, demeurent en fuite. L’opinion publique béninoise attend désormais des clarifications officielles sur les arrestations et sur le rôle exact de chacun dans les événements.
Entre fermeté judiciaire, pression sur l’opposition et intervention régionale, le Bénin se trouve à un carrefour déterminant pour sa démocratie et la stabilité de la sous-région. L’arrestation de Chabi Yayi, tout en étant encore floue dans ses motifs, incarne le défi du gouvernement : maintenir l’ordre sans alimenter un ressentiment politique susceptible de fragiliser durablement la scène nationale.
La Rédaction

