L’île sous tension : une épidémie qui n’épargne personne
Depuis fin 2024 et tout au long de 2025, Cuba traverse une crise sanitaire d’une ampleur exceptionnelle.
Le chikungunya se propage à une vitesse alarmante, accompagné de foyers de dengue et d’autres arboviroses. Officiellement, plus de 40 000 cas ont été recensés, dont une proportion inquiétante concerne les enfants. Presque toutes les provinces sont touchées, transformant l’épidémie en phénomène national et plongeant la population dans une anxiété collective.
Les hôpitaux croulent sous les malades, les ressources médicales manquent cruellement et de nombreux patients sont contraints de se soigner à domicile. Cette situation laisse entrevoir que le bilan réel est probablement beaucoup plus lourd que les chiffres officiels.
Tragédie quotidienne : des vies en danger
Fin 2025, 44 décès liés aux arboviroses ont été confirmés, dont 29 enfants. Derrière ces chiffres se cache une réalité bien plus sombre : saturation des hôpitaux, manque de tests et de suivi, patients laissés à eux-mêmes. Les familles se retrouvent face à la maladie, sans accès aux soins, dans un climat de désarroi et d’incertitude permanente.
Les quartiers des grandes villes, comme La Havane et Matanzas, sont particulièrement touchés. Les familles racontent des histoires de malades confinés à domicile, incapables d’obtenir des médicaments ou de consulter un médecin. La situation révèle l’ampleur de la fragilité du système de santé cubain.

La population au cœur de la crise : témoignages et vécu
Les habitants décrivent des journées marquées par l’attente et la peur. Les hôpitaux sont saturés, les files d’attente interminables et les médicaments introuvables. Les maladies circulent rapidement, affectant souvent plusieurs membres d’une même famille.
Dans ce contexte, la vie quotidienne devient un combat : gérer la fièvre, les douleurs articulaires et les complications possibles sans soutien médical. Cette insécurité sanitaire illustre la profondeur de la crise et le sentiment d’abandon ressenti par la population.
Pourquoi la crise s’intensifie : facteurs clés
Plusieurs éléments expliquent l’aggravation de l’épidémie :
•Prolifération du moustique vecteur : l’Aedes aegypti se développe dans des conditions favorisées par l’insalubrité et l’absence de gestion des déchets.
•Système de santé affaibli : manque de personnel, d’infrastructures, de médicaments et de lits, saturant les services hospitaliers.
•Sous-enregistrement massif : de nombreux malades ne sont jamais diagnostiqués, les décès non comptabilisés et les statistiques officielles largement sous-estimées.
•Co-circulation de virus : chikungunya, dengue et oropouche compliquent le diagnostic et augmentent le risque de complications graves.
Les enjeux pour l’avenir : un défi multidimensionnel

L’épidémie dépasse le simple cadre sanitaire : elle expose un effondrement structurel affectant santé, infrastructures, gouvernance et conditions de vie. Les risques futurs incluent :
•Une propagation continue tant que le moustique vecteur reste présent.
•Un sous-diagnostic chronique favorisant de nouvelles vagues d’infection.
•Un impact social durable sur les populations vulnérables et perte de confiance dans les institutions.
•La fuite des professionnels de santé aggravant le déclin du système.
Cuba à la croisée des chemins
Le chikungunya et la dengue frappent Cuba avec une violence inédite, révélant les failles profondes de l’île. Les chiffres officiels, déjà inquiétants, ne traduisent qu’une partie de la réalité. Derrière eux se cachent des vies, des souffrances, des familles entières laissées à leur sort et un système sanitaire à bout de souffle.
Cette crise est un test historique pour la résilience de l’île et de sa population. Au-delà de l’urgence médicale, elle appelle à une réflexion profonde sur la santé publique, l’infrastructure et la gouvernance, car Cuba n’affronte pas seulement un virus : elle affronte ses propres fragilités.
« Traiter les symptômes ne suffit pas. Pour espérer guérir, il faut s’attaquer aux racines. »
La Rédaction

