Le prédateur itinérant qui terrorisa trois pays d’Amérique du Sud
À la croisée de la Colombie, de l’Équateur et du Pérou, une même ombre s’est étendue durant les années 1970 : celle de Pedro Alonso López, considéré comme l’un des tueurs en série les plus meurtriers de l’histoire moderne. Pendant que les autorités peinaient à comprendre l’ampleur du drame, des dizaines de familles voyaient leurs enfants disparaître sans explication, laissant derrière elles une douleur impossible à mesurer.
Un parcours marqué par la violence
Né en 1948 à Tolima, en Colombie, López grandit dans une misère extrême, dans un foyer instable où les violences domestiques étaient quotidiennes. Son adolescence se déroule dans la rue, dans les gangs, dans une succession d’abus et de sévices. Ces années forgent en lui une brutalité qui ne cessera de s’exprimer ensuite.
Au début des années 1970, il quitte la Colombie pour l’Équateur. C’est là que ses crimes prennent une dimension industrielle : il quadrille les marchés, les périphéries pauvres, les villages isolés où les enfants sont livrés à eux-mêmes. Son mode opératoire est toujours identique — repérage, enlèvement rapide, meurtre — exécuté avec une froideur presque mécanique.
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Une traque transnationale
Pendant des années, les disparitions d’enfants se multiplient en silence. L’absence de coopération policière internationale, les frontières poreuses et les moyens d’enquête limités d’une région instable permettent à López d’agir sans entrave.
Lorsque la police équatorienne l’arrête en 1980 sur un marché d’Ambato, elle découvre un homme calme, posé… et prêt à parler.
López avoue alors plus de 300 meurtres, dont 110 confirmés par les autorités équatoriennes. Une partie des scènes de crimes est retrouvée grâce à ses propres indications. La police colombienne et péruvienne, tétanisées, reconnaissent l’ampleur du phénomène : un tueur transfrontalier comme jamais l’Amérique du Sud n’en avait connu.
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Procès, condamnation… puis disparition
L’Équateur le condamne en 1981 à la peine maximale prévue à l’époque : 16 ans de prison. Une durée dérisoire au regard de l’horreur des crimes, mais conforme aux lois équatoriennes.
Libéré en 1994, López est immédiatement expulsé en Colombie. Arrêté de nouveau pour une affaire distincte, il est interné dans un hôpital psychiatrique… avant d’être relâché en 1998, déclaré « guéri ».
Depuis, plus aucune trace fiable. Les autorités colombiennes ont émis un nouveau mandat d’arrêt en 2002 pour le meurtre d’une jeune fille de 12 ans, mais son emplacement demeure inconnu.
Son nom circule parfois dans des enquêtes contemporaines, sans qu’aucune preuve concrète n’ait jamais émergé.
Un héritage criminel qui hante encore l’Amérique latine
L’affaire Pedro López a profondément bouleversé la manière dont les pays andins coopèrent sur les crimes transfrontaliers. Elle a mis en lumière les failles judiciaires, les limites des peines maximales et l’extrême vulnérabilité des enfants dans les zones rurales.
Aujourd’hui encore, l’immensité des Andes porte l’empreinte silencieuse de ses crimes, et le dossier reste l’un des plus sombres — et des plus dérangeants — de l’histoire criminelle mondiale.
La Rédaction
Sources et références :
– Archives judiciaires de l’Équateur (Ambato, 1980)
– Rapport Interpol sur les crimes transnationaux en Amérique du Sud (années 1990)
– Témoignages de la police colombienne (Tolima, 1998)

