Depuis le 22 jusqu’au 23 novembre, la Cité du Vatican résonne au rythme du Jubilé mondial des chœurs et des chorales. L’événement, qui rassemble environ 35 000 chanteurs issus de 117 pays, met en lumière la diversité des voix chrétiennes qui, partout dans le monde, portent un même message d’espérance. Au cœur de cette rencontre internationale, le chœur ivoirien Sacré Cœur de Jésus se distingue par une démarche profondément ancrée dans la charité et la solidarité.
Fondé en février 2010 et auteur de quatre albums, le groupe a choisi une voie exigeante : faire du chant sacré un instrument de compassion. Inspiré par Saint François d’Assise et Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, il appelle les choristes à dépasser la simple émotion liturgique pour entrer dans une foi vécue, incarnée, tangible.

Le chant sacré, une prière qui se prolonge dans la vie
« Chanter pour le Seigneur est d’abord une grâce », répètent les membres du chœur.
Pour leur responsable, Hermann N’dri N’Guessan, la musique liturgique ne peut se limiter à harmoniser les messes ou à toucher les fidèles le temps d’un refrain. Il y voit un engagement spirituel qui demande cohérence et témoignage.
Au Jubilé de Rome, il invite les choristes du monde entier à « vivre ce qu’ils chantent » :
« Le chant sacré ne doit pas être seulement une émotion. Il doit nous pousser à témoigner dans notre quotidien. »
Dans un contexte mondial marqué par les conflits, la pauvreté, les injustices et les discriminations, cette vision donne au chant une portée nouvelle : celle d’un langage universel qui rallume l’espérance.
Quand la charité devient le deuxième souffle du chant
Le Sacré Cœur de Jésus a très vite compris qu’il fallait aller au-delà des mélodies.
« À un moment, le chant seul ne suffisait plus », confie Hermann N’dri N’Guessan.
Le groupe s’est alors tourné vers des œuvres concrètes :
• soutien aux enfants atteints de cancer
• visites régulières dans les hôpitaux
• actions pour les enfants démunis
• moments fraternels dans les centres de détention
Les dons recueillis lors des concerts servent à financer ces initiatives. Chaque déplacement devient, pour les choristes, un apprentissage intérieur.
« Nous pensons donner, mais c’est nous que le Seigneur transforme », dit le responsable.
Larmes partagées, moments de grâce
Un épisode particulièrement marquant s’est déroulé à la prison de Bouaké.
Lors d’un concert, la charge émotionnelle fut telle que choristes, détenus — dont des enfants —, et personnel pénitentiaire se sont retrouvés en larmes. Les voix se sont tues, submergées par un amour qui dépassait toute barrière.
Dans les hôpitaux, l’expérience est similaire.
Chrétiens, musulmans ou non-croyants accueillent la présence du chœur avec reconnaissance, demandent la prière, acceptent les fruits apportés. Tous se sentent rejoints par une même lumière.
« Dans l’œuvre de la charité, Dieu est présent. On le voit dans les regards, sans distinction de religion », souligne le responsable.

Un rayonnement qui dépasse les frontières ivoiriennes
Au fil des années, le chœur a su mobiliser des milliers de personnes autour de valeurs de solidarité, de compassion et d’espérance.
En Côte d’Ivoire, il s’est imposé comme un acteur essentiel de la pastorale de proximité, notamment auprès des enfants atteints de cancer, une cause que le groupe porte avec une sensibilité particulière.
Pour Hermann N’dri N’Guessan, cette mission s’inscrit dans une phrase qui résume tout :
« Vivre, c’est aimer. »
La Rédaction

