Une ville du Nord propulsée au cœur de l’intégration économique
À la croisée des routes commerciales du Togo, Kara s’impose cette semaine comme la scène d’un exercice diplomatique et économique majeur. Du 18 au 22 novembre, la cité devient le lieu où s’imagine une nouvelle architecture des échanges agricoles entre le Togo et le Bénin. L’ambition est claire : transformer une coopération déjà dense en un espace structuré, fluide et compétitif, capable de peser dans les dynamiques régionales.
Un laboratoire d’intégration porté par les acteurs économiques
Sous l’égide du Programme régional d’intégration des marchés agricoles (PRIMA), les Chambres de Commerce et d’Industrie du Togo et du Bénin orchestrent une rencontre qui rassemble un ensemble déterminant d’acteurs : institutions publiques, organisations professionnelles, entrepreneurs de l’agro-industrie et opérateurs économiques.
Le thème retenu — « Marché intercommunautaire et développement des entreprises agricoles »— donne une orientation stratégique : bâtir un environnement commercial harmonisé où les produits circulent plus aisément, où les normes convergent et où les entreprises peuvent se projeter au-delà des frontières nationales.
Une coopération qui se pense désormais à l’échelle régionale
Les discussions s’inscrivent dans une dynamique plus large : celle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et des objectifs d’intégration portés par la CEDEAO. Pour les organisateurs, il s’agit de dépasser la logique bilatérale classique : l’agriculture devient un levier de positionnement régional, un domaine où le Togo et le Bénin cherchent à bâtir une stratégie commune d’accès aux marchés émergents.
La première édition, tenue à Grand-Popo en 2024, avait ouvert la voie. La session de Kara doit aller plus loin : évaluer les avancées, identifier les obstacles — logistiques, douaniers, réglementaires — et consolider les bases d’un espace agricole performant et intégré.
Kara, un symbole géo-économique en expansion
Le choix de Kara illustre une volonté de rééquilibrer les dynamiques économiques nationales. Ville charnière entre les zones sahéliennes et les bassins guinéens, elle offre un terrain stratégique pour expérimenter de nouveaux modèles d’interconnexion commerciale. Sa centralité rurale et son rôle dans les circuits agricoles en font un espace capable de porter une ambition régionale de grande ampleur.
En accueillant cette rencontre, Kara contribue à façonner un projet agricole partagé, fondé sur la complémentarité des filières, la montée en gamme des produits et l’ouverture vers les plateformes continentales. Pour le Togo comme pour le Bénin, l’objectif est limpide : faire de l’agriculture un moteur de compétitivité et un levier d’influence économique.
La Rédaction

