Tunis, 17 novembre 2025 – La justice tunisienne se penche ce lundi sur l’un des dossiers les plus controversés du quinquennat du président Kaïs Saied : l’appel de 37 personnes condamnées en avril 2025 dans le cadre de l’« affaire du complot », dans des conditions jugées arbitraires par Human Rights Watch.
Le procès initial avait été caractérisé par des audiences rapides, des convocations tardives et le recours à la visioconférence, privant les accusés de la possibilité de présenter leur défense. Les condamnations allaient de 4 à 66 ans de prison et concernaient des opposants politiques, activistes, avocats et chercheurs.
Parmi les détenus, quatre ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention, dont Jaouhar Ben Mbarek, qui aurait subi des violences physiques en prison. D’autres condamnés, ainsi que certains avocats de la défense, ont été ciblés par des procédures judiciaires pour avoir dénoncé les irrégularités du procès ou défendu leurs clients.
Human Rights Watch dénonce un « simulacre de justice » et appelle à l’annulation immédiate des condamnations, soulignant que la Tunisie a l’obligation de respecter les droits humains, notamment le droit à un procès équitable et à la liberté de défense.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de répression accrue depuis la prise de contrôle des institutions par le président Kaïs Saied en juillet 2021, avec un affaiblissement de l’indépendance judiciaire et une multiplication des arrestations ciblant des critiques du gouvernement.
La Rédaction

