Le parlement djiboutien a bouleversé le paysage politique du pays en levant à l’unanimité la limite d’âge pour se présenter à l’élection présidentielle. Cette réforme ouvre la porte à Ismaïl Omar Guelleh, 77 ans, pour briguer un sixième mandat en 2026, consolidant ainsi sa longévité exceptionnelle au pouvoir.
Jusqu’ici, la constitution imposait un plafond de 75 ans pour les candidats à la présidence. Cette disposition, qui aurait exclu l’actuel chef de l’État, a été supprimée après un vote unanime des parlementaires, qui devront encore approuver la mesure dans sa version définitive. Les partisans de Guelleh présentent cette décision comme un gage de stabilité pour Djibouti, un petit État stratégique dans la Corne de l’Afrique, souvent exposé aux conflits et aux tensions régionales.
Critiques et observateurs internationaux s’interrogent toutefois sur les implications démocratiques de cette modification constitutionnelle. Depuis 1999, Guelleh a réélu son pouvoir à plusieurs reprises, et cette levée de la limite d’âge pourrait renforcer une tendance à la concentration du pouvoir exécutif. Pour ses soutiens, elle assure la continuité politique et le maintien de la stabilité économique et géopolitique du pays, tandis que pour ses détracteurs, elle illustre les risques d’une présidence à vie.
Alors que Djibouti se positionne comme un carrefour stratégique entre Afrique, Moyen-Orient et océan Indien, cette réforme pourrait également avoir des conséquences sur les équilibres régionaux, en consolidant la mainmise de Guelleh sur les décisions stratégiques et diplomatiques du pays. L’année 2026 pourrait ainsi marquer une étape décisive dans l’histoire politique de Djibouti.
La Rédaction

