L’ancien ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités, Khaled El-Enany, a été élu lundi nouveau directeur général de l’UNESCO, succédant à la Française Audrey Azoulay. Le Conseil exécutif de l’agence onusienne, chargée de l’éducation, des sciences, de la culture et de la communication, a largement approuvé sa nomination, avec 55 voix sur 58.
Cette désignation, qui doit encore être formellement validée par la Conférence générale prévue à Samarcande (Ouzbékistan) du 30 octobre au 13 novembre, marque un tournant historique pour l’institution. En effet, Khaled El-Enany devient le premier Arabe et le deuxième Africain à diriger l’UNESCO, après le Sénégalais Amadou Mahtar Mbow, qui avait exercé de 1974 à 1987.
Une élection sans suspense mais hautement symbolique
Après le retrait de la candidate mexicaine Gabriela Ramos, seule restait en lice la candidature du Congolais Firmin Édouard Matoko, ancien sous-directeur général de l’organisation. L’appui quasi unanime du Conseil exécutif à El-Enany témoigne du consensus diplomatique autour de son profil et de sa capacité à incarner une nouvelle phase de coopération culturelle mondiale.
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Historien et archéologue reconnu, l’ex-ministre égyptien s’est illustré par sa contribution à la valorisation du patrimoine et à la modernisation du secteur touristique de son pays. Devant le Conseil exécutif, il a promis d’inscrire son mandat sous le signe de la modernisation, de l’unité et de la transparence, en élaborant une feuille de route collective avec les États membres.
L’Afrique et le monde arabe à l’honneur
Cette élection renforce la présence du continent africain et du monde arabe dans la gouvernance internationale des institutions culturelles. Pour de nombreux observateurs, elle traduit une reconnaissance du rôle croissant de l’Afrique dans les dynamiques éducatives et patrimoniales mondiales, à un moment où les débats sur la restitution des biens culturels et la diversité linguistique prennent une ampleur nouvelle.
À travers Khaled El-Enany, c’est toute une diplomatie du savoir et de la mémoire qui s’apprête à prendre une dimension plus inclusive, reliant davantage les cultures et les continents.
La Rédaction

