Le plan en 21 points présenté par Donald Trump pour Gaza suscite de vives réactions sur la scène internationale. Israël l’a immédiatement validé, voyant en lui une chance de renforcer sa sécurité et de relancer la reconstruction de l’enclave. Le Hamas, lui, se montre prudent et promet d’examiner la proposition « dans un esprit positif ». Plusieurs pays arabes ainsi que l’Autorité palestinienne ont salué l’initiative, affichant leur disponibilité à travailler avec Washington pour en concrétiser les objectifs.
Israël donne son feu vert
Pour le gouvernement de Benjamin Netanyahu, le plan Trump représente une avancée stratégique. En l’acceptant sans réserve, Israël envoie un signal clair : sécuriser durablement ses frontières tout en évitant un nouvel embrasement militaire à Gaza. Tel-Aviv y voit aussi une occasion d’impliquer la communauté internationale dans la reconstruction, ce qui réduirait la pression économique et sécuritaire pesant sur l’État hébreu. Netanyahu a présenté ce feu vert comme un choix « de responsabilité et de pragmatisme », destiné à ouvrir une nouvelle phase après des mois d’affrontements meurtriers.
Le Hamas ménage ses options
À Gaza, la réaction du Hamas a été plus nuancée. Le mouvement islamiste n’a pas rejeté le plan, mais il ne l’a pas validé non plus. Ses dirigeants ont annoncé qu’ils l’examineraient dans un esprit positif avant de donner leur réponse officielle. Cette posture traduit une stratégie de prudence : garder ouverte la porte du dialogue international, tout en laissant planer l’incertitude pour conserver une marge de manœuvre politique. Le Hamas cherche aussi à éviter d’apparaître comme l’unique obstacle à un processus qui bénéficie déjà du soutien d’Israël et de plusieurs pays arabes.
Les piliers du plan Trump
Présenté comme une feuille de route ambitieuse, le projet américain repose sur cinq axes principaux :
• La démilitarisation de Gaza, avec le désarmement des factions armées et la destruction des tunnels souterrains utilisés pour les attaques
• Une administration transitoire, confiée provisoirement à une tutelle internationale ou américaine, en attendant une gouvernance palestinienne renouvelée
• Une relocalisation volontaire, accompagnée d’incitations financières, pour une partie des habitants souhaitant quitter temporairement l’enclave
• La reconstruction et le développement, à travers de grands projets d’infrastructures, de tourisme et de zones économiques pour relancer l’économie locale
• Des garanties sécuritaires régionales, avec une coopération entre les pays voisins afin d’empêcher la résurgence de groupes armés
Ce plan, qualifié par ses partisans de « transformation historique », reste cependant critiqué par certains observateurs qui redoutent des tensions autour de la relocalisation et de la question de la souveraineté palestinienne.
L’Autorité palestinienne en soutien prudent
Contrairement à ce que l’on pouvait anticiper, l’Autorité palestinienne a accueilli l’annonce avec une certaine ouverture. Selon l’agence officielle WAFA, Ramallah a salué les efforts de Donald Trump pour mettre fin à la guerre, en soulignant « l’importance d’une initiative internationale capable de garantir une paix durable ». Ce soutien, bien que mesuré, traduit la volonté de l’Autorité palestinienne de rester un acteur central dans la future gouvernance de Gaza, face à l’influence du Hamas.
Les capitales arabes se rangent derrière Washington
L’écho a été particulièrement favorable dans le monde arabe. Dans un communiqué conjoint publié à Beyrouth, les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, de Jordanie, des Émirats arabes unis, du Qatar et d’Égypte ont salué l’annonce américaine. Ils ont affirmé être prêts à coopérer avec les États-Unis et les parties concernées afin de finaliser l’accord et d’en garantir la mise en œuvre. Cette prise de position commune, rare par son ampleur, reflète une volonté d’impliquer activement les grandes capitales arabes dans une solution durable pour Gaza. Elle marque aussi un tournant : l’alignement d’États souvent divisés sur la question palestinienne montre l’importance accordée à la stabilisation régionale.
Une équation encore fragile
Malgré ces soutiens, le plan Trump reste fragile. Les questions liées à la relocalisation des habitants et à l’administration provisoire continuent de soulever des critiques. Plusieurs analystes estiment qu’un accord sans l’adhésion explicite du Hamas ne pourra pas être appliqué sur le terrain. D’autres soulignent que la réussite du projet dépendra autant de la mobilisation financière internationale que de la capacité des acteurs régionaux à maintenir une unité diplomatique.
En définitive, le plan Trump pour Gaza bénéficie déjà d’un appui israélien et arabe inédit, ainsi que du soutien de l’Autorité palestinienne. Mais son avenir repose désormais sur la décision du Hamas, arbitre incontournable de la situation dans l’enclave.
La Rédaction

