En Afrique de l’Ouest, une grande partie du commerce alimentaire échappe aux registres officiels. Selon un récent rapport de l’OCDE, près de 85 % des échanges intrarégionaux ne sont pas comptabilisés, révélant un marché beaucoup plus dynamique que ce que laissent penser les données gouvernementales.
Estimé à environ 10 milliards de dollars par an sur la dernière décennie, ce commerce dépasse largement les 1,7 milliard de dollars rapportés officiellement. Il concerne essentiellement des produits de première nécessité comme le riz, le maïs, les légumes et les fruits, circulant principalement par des circuits informels entre villes et zones rurales.
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Ce « marché invisible » contribue déjà à renforcer la souveraineté alimentaire et économique de la région. Il permet aux populations d’accéder à des denrées locales et importées malgré des contraintes logistiques et réglementaires, tout en générant des emplois informels essentiels pour des millions de personnes.
Pourtant, ce secteur reste vulnérable. Les variations de prix, le manque d’infrastructures et l’absence de formalisation constituent autant de freins à son plein développement. Les spécialistes recommandent une meilleure intégration de ces circuits dans les politiques publiques pour sécuriser l’approvisionnement et stimuler la croissance régionale.
Malgré son invisibilité statistique, le commerce alimentaire intrarégional en Afrique de l’Ouest démontre la résilience et l’ingéniosité des acteurs locaux face aux défis économiques et logistiques.
La Rédaction

