Ce que cachent les tarifs “différents” pour les étrangers
Au Gabon, le coût de la carte de séjour est souvent perçu comme inégal selon les nationalités. À première vue, un ressortissant français ne paierait que 150 000 FCFA, tandis qu’un Africain pourrait devoir débourser jusqu’à 820 000 FCFA. Cette différence, qui surprend, soulève des interrogations sur l’équité des tarifs appliqués.
Un tarif de base identique pour tous
En réalité, le tarif officiel de la carte de séjour est le même pour toutes les nationalités : 150 000 FCFA pour 24 mois. Cette somme couvre uniquement le coût administratif du document. Les différences apparentes s’expliquent par des frais supplémentaires obligatoires, et non par une discrimination ciblée contre les Africains.
La caution de rapatriement : une exigence universelle
La caution de rapatriement est destinée à couvrir les frais de retour en cas de départ obligatoire. Elle est exigée pour tous les étrangers, quelle que soit leur nationalité, et son montant dépend du coût moyen d’un billet d’avion vers le pays d’origine du résident. Pour un ressortissant ouest-africain, cette caution peut atteindre environ 400 000 FCFA, tandis qu’un Européen paiera en fonction du prix d’un billet vers son pays.
Les pénalités pour séjour irrégulier
En cas de séjour irrégulier, par exemple une entrée illégale ou un visa expiré, une pénalité de 300 000 FCFA est appliquée pour régulariser le dossier. Ainsi, le chiffre souvent cité de 820 000 FCFAcorrespond généralement à une première demande de carte effectuée en situation irrégulière, et non à un tarif discriminatoire. Ce total comprend : 150 000 FCFA pour la carte, 400 000 FCFA de caution et 300 000 FCFA de pénalité.
Le Togo : un exemple de transparence
À titre de comparaison, le Togo applique une politique de tarification uniforme pour toutes les nationalités, basée uniquement sur la durée de validité et le profil du demandeur (étudiant, travailleur, investisseur). Les coûts ne varient pas selon l’origine du résident, illustrant une approche transparente et équitable :
• Carte temporaire pour étudiant (1 an) : 100 000 FCFA
• Carte ordinaire pour étudiant (3 ans) : 250 000 FCFA
• Carte temporaire non étudiant (1 an) : 200 000 FCFA
• Carte ordinaire non étudiant (3 ans) : 500 000 FCFA
• Carte privilégiée (5 ans) : 800 000 FCFA
Les ressortissants de la CEDEAO bénéficient de l’entrée sans visa pour 90 jours, après quoi ils suivent la même procédure que les autres étrangers. Cette comparaison montre qu’il est possible d’appliquer une politique migratoire équitable et transparente, sans distinction basée sur la nationalité.
Renouvellements et remboursements
Pour le Gabon comme pour le Togo, les renouvellements réguliers ne nécessitent que le paiement du tarif de base, et la caution peut être remboursée en cas de départ définitif sans contentieux.
Le Gabon applique une logique administrative uniforme pour tous les résidents étrangers. Les différences de coût observées pour certains Africains proviennent principalement de la caution de rapatriement et des pénalités pour séjour irrégulier, et non d’une discrimination. Le Togo illustre un exemple régional où la transparence et l’équité sont appliquées de manière explicite, confirmant que la nationalité n’a pas d’impact sur le coût de la carte de séjour.
La Rédaction

