L’alarme humanitaire franchit un nouveau seuil. Ce vendredi 22 août 2025, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme indépendant soutenu par l’ONU, a annoncé qu’une famine est officiellement en cours à Gaza. C’est la première fois depuis le début de la guerre qu’une telle classification est reconnue dans l’enclave palestinienne.
Une situation critique validée par les experts
Selon l’IPC, plus de la moitié de la population de Gaza est en situation de catastrophe alimentaire (Phase 5). Le rapport souligne une hausse dramatique de la malnutrition infantile, des décès liés à la faim et un effondrement complet de l’accès aux soins.
L’ONU avait jusqu’ici évoqué des risques de famine généralisée, mais cette reconnaissance officielleplace Gaza dans une catégorie rarement utilisée, réservée aux crises les plus graves, comme au Soudan du Sud (2017) ou en Somalie (2011).
Des témoignages alarmants sur le terrain
Des médecins de l’hôpital Al-Shifa parlent de nourrissons mourant de dénutrition faute de lait thérapeutique. Les images relayées par l’Associated Press montrent des files d’attente interminables pour quelques sacs de farine.
« Nous n’avons plus rien à donner aux enfants », confie une infirmière citée par Reuters. Des familles réduisent leurs repas à une seule ration par jour, souvent constituée de pain sec et d’eau.
Réactions internationales et divergences
Si plusieurs ONG saluent enfin une reconnaissance de la catastrophe, le gouvernement israélien conteste cette déclaration. Tel-Aviv affirme que les convois humanitaires entrent toujours dans l’enclave, mais les agences de l’ONU dénoncent un siège étouffant et un blocage logistiqueempêchant l’acheminement des vivres.
Les États-Unis, l’Union européenne et la Ligue arabe appellent Israël à ouvrir davantage de points de passage pour éviter une extension de la famine aux autres villes de la bande de Gaza.
Une crise aux répercussions régionales
L’IPC avertit que si aucune amélioration significative n’intervient dans les semaines à venir, la famine pourrait s’étendre à d’autres zones de Gaza, menaçant plus de 2 millions de personnes.
Déjà, les hôpitaux rapportent des flux croissants de déplacés cherchant refuge à Rafah et Deir al-Balah, où les stocks alimentaires s’amenuisent rapidement.
La Rédaction

