Le Kennedy Round est un terme peu connu, mais il reste un mécanisme important qui relie l’histoire du commerce international à la coopération alimentaire dans plusieurs pays en développement. En 2025, le Japon a offert une aide alimentaire de 200 millions de yens sous ce label au Togo, parmi d’autres bénéficiaires. Cet article explique ce qu’est le Kennedy Round, son évolution, et son impact actuel dans un cadre plus large d’aide alimentaire mondiale.
Qu’est-ce que le Kennedy Round ?
Le Kennedy Round est un cycle de négociations commerciales qui s’est tenu entre 1964 et 1967 sous l’égide du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade). Baptisé en hommage au président américain John F. Kennedy, ce cycle visait à réduire les barrières douanières, notamment sur les produits industriels, et à intégrer davantage les besoins des pays en développement.
De la négociation commerciale à l’aide alimentaire
Après ces négociations, plusieurs pays industrialisés se sont retrouvés avec d’importants surplus agricoles. Pour éviter le gaspillage et soutenir les pays en difficulté, ces excédents ont été convertis en aide alimentaire. Cette aide est devenue un outil stratégique de coopération et d’influence diplomatique.
Le Japon a conservé l’appellation “Kennedy Round” pour son programme d’aide alimentaire bilatérale, fournissant du riz, du blé ou d’autres céréales à prix subventionné aux pays en développement.
Le Kennedy Round aujourd’hui : un outil bilatéral japonais
Le programme japonais du Kennedy Round Food Aid est géré par les ministères de l’Agriculture et des Affaires étrangères du Japon. Il fournit une aide non remboursable, souvent accompagnée d’une vente subventionnée dans les pays bénéficiaires. Cette stratégie aide le Japon à écouler ses surplus agricoles tout en maintenant des relations diplomatiques solides.
Des bénéficiaires nombreux et variés
Le Togo, qui a reçu récemment 200 millions de yens de riz, fait partie d’une longue liste de bénéficiaires, principalement en Afrique et en Asie, parmi lesquels :
• En Afrique : Bénin, Burkina Faso, Madagascar, Mozambique, Gambie, Malawi, Côte d’Ivoire, Rwanda, Éthiopie, Guinée, Ghana, Tanzanie, Zambie.
• En Asie : Bangladesh, Cambodge, Népal, Laos.
Le Kennedy Round n’est pas unique : d’autres programmes similaires existent
Bien que le terme Kennedy Round soit aujourd’hui surtout utilisé par le Japon, d’autres grandes puissances agricoles mènent des programmes d’aide alimentaire sous d’autres noms, visant à soutenir les populations vulnérables.
• États-Unis : historiquement, leur programme Food for Peace via USAID était un des plus importants. Toutefois, sous l’administration Trump, l’USAID a été largement démantelée, avec la suppression de plus de 80 % de ses programmes et l’intégration de l’agence au Département d’État, réduisant fortement son rôle dans l’aide alimentaire internationale.
• Union européenne : gère son aide via des instruments comme ECHO et des programmes bilatéraux.
• Canada, Australie, Norvège, Suède : actifs dans l’aide alimentaire via leurs propres programmes.
Pourquoi ce programme perdure-t-il ?
Le Kennedy Round répond à des besoins persistants de sécurité alimentaire dans les pays vulnérables. Il permet aussi au Japon d’affirmer une diplomatie agricole douce, renforçant son image et ses liens avec les pays en développement.
Le Kennedy Round est un héritage historique du commerce international transformé en programme discret mais essentiel d’aide alimentaire mondiale. Il incarne une coopération internationale durable où histoire, économie et solidarité se croisent.
La Rédaction

