Samedi 9 août 2025, les rues d’Abidjan ont été le théâtre d’une importante mobilisation citoyenne. Plusieurs milliers d’Ivoiriens se sont rassemblés pour manifester pacifiquement contre la candidature du président sortant Alassane Ouattara à un quatrième mandat. Ce rassemblement reflète une opposition grandissante à ce qu’ils considèrent comme une tentative de prolonger indûment le pouvoir.
Depuis 2011, Alassane Ouattara est à la tête de la Côte d’Ivoire. Il souhaite briguer un nouveau mandat en octobre prochain, une candidature validée par le Conseil constitutionnel qui s’appuie sur la Constitution de 2016 pour réinitialiser le compteur des mandats présidentiels. Ce point de vue est vivement contesté par l’opposition et une partie de la société civile, qui dénoncent une manœuvre politique contraire à l’esprit démocratique.
Les tensions sont renforcées par la récente décision de la commission électorale de rejeter plusieurs candidatures emblématiques. L’ancien président Laurent Gbagbo, actuellement condamné, ainsi que Tidjane Thiam, ex-directeur général du Crédit Suisse, ont été disqualifiés — ce dernier en raison de sa double nationalité. Ces exclusions alimentent un mécontentement palpable parmi les manifestants.
Sagesse Divine, activiste présente lors de la marche, exprime clairement les revendications populaires : « Nous refusons un quatrième mandat. Nous voulons la révision des listes électorales, l’inscription de tous les candidats et surtout des élections libres et pacifiques. »
De son côté, Armand Godo, porte-parole du parti Agissons Ensemble, réclame des réformes profondes : « La révision de la liste électorale et la réintégration des leaders politiques exclus sont indispensables. Il faut aussi revoir le fonctionnement de la Commission électorale pour assurer une transparence totale aux élections de 2025. »
Dans un appel au dialogue, Raimond Sésségnon, autre activiste engagé, invite au calme et à la concertation : « Monsieur Ouattara, il est temps de parler. Il faut que Soro revienne, que Gbagbo, Thiam et Blé Goudé puissent discuter ensemble. Cela évitera toute effusion de sang. »
Cette mobilisation pacifique souligne un tournant dans le climat politique ivoirien. À moins de trois mois du scrutin présidentiel, les enjeux sont de taille et le pays reste attentif à l’évolution de la situation, espérant un processus électoral apaisé et inclusif.
La Rédaction

