Vers une souveraineté africaine partagée et interconnectée
À l’approche de la Fête du Trône, l’ambassade du Maroc à Dakar a donné un nouvel élan à l’ambition d’une Afrique Atlantique forte, solidaire et souveraine. Le 22 juillet 2025, diplomates, parlementaires, experts et partenaires institutionnels se sont réunis autour du thème : « Vers des chaînes de valeur intégrées pour une Afrique Atlantique émergente », un projet cher au roi Mohammed VI et à ses partenaires de la façade ouest-africaine.
Trois piliers pour un continent en réseau
L’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a rappelé l’engagement constant de Rabat envers le continent : plus de 1.000 accords ont été signés avec des pays africains depuis l’accession au trône du roi Mohammed VI. Trois initiatives structurantes ont été mises en avant :
• Le Gazoduc Afrique Atlantique, reliant le Nigeria au Maroc en traversant une dizaine de pays côtiers ;
• L’accès des pays sahéliens à l’océan Atlantique, pour désenclaver des économies enclavées ;
• La coopération multilatérale entre 23 États atlantiques, autour de la sécurité maritime, de l’économie bleue et de la connectivité logistique.
Dans cette dynamique, les provinces du sud marocain — notamment Dakhla et Laâyoune — sont appelées à jouer un rôle de hub énergétique, industriel et logistique.
Le Sénégal mise sur la co-souveraineté panafricaine
Pour le Sénégal, représenté par le député Amadou Ba, il ne s’agit plus de rêver une Afrique unie, mais de la bâtir. « L’Afrique Atlantique peut être le laboratoire d’une souveraineté africaine partagée », a-t-il déclaré. L’objectif est clair : passer du statut de simple fournisseur de matières premières à celui de coproducteur de valeur ajoutée, en s’appuyant sur une industrialisation conjointe, des formations régionales, une régulation concertée des marchés et des infrastructures connectées.
L’ONU en appui à un Atlantique africain transformateur
Aminata Maïga, coordinatrice résidente des Nations unies au Sénégal, a quant à elle insisté sur le potentiel transformateur de cet espace maritime stratégique. Pour elle, l’Afrique Atlantique doit devenir un levier de croissance durable, en capitalisant sur la coopération Sud-Sud, la logistique intégrée et l’harmonisation des politiques régionales.
Une stratégie géoéconomique qui prend forme
Ce séminaire international a permis de dessiner les contours d’une Afrique Atlantique non pas comme simple espace géographique, mais comme projet politique et économique. Le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal y occupent une position charnière. Leurs ports, leurs corridors et leurs investissements croisés peuvent préfigurer une Zone de libre-échange atlantique complémentaire à la ZLECAF et à la Vision 2063 de l’Union africaine.
En relançant cette ambition à Dakar, le Maroc rappelle que l’Atlantique africain peut devenir un axe stratégique de développement, d’innovation et de souveraineté partagée. Une ambition qui, cette fois, ne regarde pas vers l’extérieur, mais vers les Afriques elles-mêmes.
La Rédaction

