Des centaines d’Angolais sont descendus dans les rues de Luanda pour dénoncer une hausse brutale du coût de la vie, marquée par l’augmentation du prix des carburants, des transports et des frais universitaires. Dans un climat social déjà tendu, les manifestants – parmi lesquels chauffeurs de taxi, étudiants, vendeurs ambulants et acteurs de la société civile – ont scandé des slogans hostiles au parti au pouvoir, le MPLA, accusé de sourde oreille face à la détresse de la population.
La récente suppression des subventions sur les carburants a provoqué une flambée des prix, en particulier pour les transports, touchant de plein fouet les plus modestes. La réponse des autorités a été musclée : des tirs de balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes ont visé les manifestants, causant plusieurs blessés et des arrestations.
Face à cette répression, les organisateurs appellent désormais à une grève à domicile, une forme de protestation silencieuse et massive. Ils espèrent ainsi faire pression sans violence, tout en dénonçant le délitement des services publics et le désintérêt du pouvoir envers les jeunes.
De son côté, le gouvernement affirme que ces mouvements sont orchestrés par l’opposition pour déstabiliser le pays. Une accusation qui intervient dans un contexte politique délicat, alors que le président João Lourenço, en fin de second mandat, ne pourra pas se représenter en 2027.
Le malaise social gagne du terrain dans une Angola en quête de souffle, où la jeunesse semble de plus en plus déterminée à faire entendre sa voix.
La Rédaction

