Donald Trump promet aux Américains un Coca-Cola au “vrai” sucre de canne. Une victoire sucrée à savourer, sauf pour les producteurs de maïs.
Le 17 juillet 2025, Donald Trump a fait pétiller les réseaux sociaux avec une annonce qui mélange politique, nostalgie et soda : Coca-Cola aurait accepté de remplacer le controversé sirop de maïs à haute teneur en fructose (SGHF) par du sucre de canne dans ses boissons destinées au marché américain. « C’est tout simplement mieux ! », a-t-il exulté sur Truth Social, son canal de communication favori.
L’ancien président — et grand buveur de Coca light — s’est même félicité d’avoir personnellementinfluencé ce changement de recette, alignant ainsi le Coca américain sur sa version européenne, déjà sucrée au saccharose. De quoi flatter le palais des nostalgiques du « vrai goût » et ravir les amateurs de Coca mexicain, produit depuis longtemps avec du sucre de canne.
Une annonce sucrée, mais au goût amer pour certains
Mais cette opération de charme ne fait pas que des heureux. Dans la Corn Belt, vaste ceinture agricole du Midwest, l’heure n’est pas à la célébration. Le SGHF y est un pilier de l’économie locale, soutenu depuis les années 1970 par des subventions fédérales et une protection tarifaire du sucre importé. Coca-Cola, en utilisant ce sirop bon marché, soutenait indirectement les producteurs de maïs. Un revirement pourrait donc grincer dans une région pourtant électoralement stratégique pour Trump.
L’ironie ne s’arrête pas là : ce changement de recette n’aurait, selon les études cliniques récentes, que peu d’impact réel sur la santé des consommateurs. Saccharose ou SGHF, les deux sucrants sont constitués des mêmes molécules — fructose et glucose — mais structurés différemment. Une légère hausse de certains marqueurs inflammatoires a bien été observée avec le SGHF, mais aucune différence majeure en termes de prise de poids ou de risque cardiovasculaire.
Entre nostalgie et politique
Trump, connu pour son affection sans limite pour le Coca light — sucré à l’aspartame — ne consomme d’ailleurs pas de Coca classique. Or, l’aspartame est lui-même sous surveillance, l’OMS le classant comme « peut-être cancérogène ». Une subtilité qui n’empêche pas le milliardaire de vendre sa croisade pour un Coca « pur sucre » comme une grande victoire populaire.
Chez Coca-Cola, la réaction officielle reste sobre : « Nous apprécions l’enthousiasme du président Trump pour notre marque emblématique », peut-on lire sur leur site. Une formule diplomatique, sans confirmation claire d’un changement généralisé de la recette.
Une stratégie politique effervescente
À quelques mois de la convention républicaine, cette manœuvre sucrée tombe à pic. Elle permet à Donald Trump de rejouer une partition qu’il affectionne : celle du défenseur du bon sens américain, face à des multinationales « réveillées » ou aux bureaucraties désincarnées. Reste à voir si cette bataille du sucre suffira à faire lever la pâte électorale.
La Rédaction

