L’afflux de visiteurs chinois redynamise l’un des joyaux historiques du sud marocain, où traditions locales et culture cinématographique se rencontrent.
Sur les rives de l’Ounila, le soleil frappe les murs d’argile du Ksar Aït Ben Haddou. Ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, perché dans les contreforts de l’Atlas, attire aujourd’hui une nouvelle vague de voyageurs : les touristes chinois.
Dès les premières lueurs du jour, ils arpentent la route menant au village fortifié, longeant des échoppes d’artisanat marocain, entre tapis tissés à la main, poteries colorées et bijoux berbères. Une fois le petit pont de pierre franchi, l’ascension du Ksar commence.
Quand le cinéma inspire les voyages
« L’une des principales raisons pour lesquelles j’ai choisi le Maroc, c’est après avoir vu un film nord-africain. J’ai été fascinée par Casablanca, sa culture et ses coutumes », confie Xiu Meng Qi, une touriste originaire du Shandong. Pour nombre de ses compatriotes, les paysages marocains sont désormais associés à l’univers du cinéma. Aït Ben Haddou a en effet servi de décor à de nombreuses superproductions internationales, de Gladiator à Game of Thrones.
Une hospitalité marocaine sur mesure
L’engouement chinois ne laisse pas les professionnels locaux indifférents. Dans les restaurants, comme celui d’Abdelilah Karroume, on adapte menus et services : « Ils adorent les plats marocains comme le couscous ou le tajine, mais nous faisons aussi attention à leur offrir de l’eau chaude, un élément essentiel pour eux. »
Au-delà de la gastronomie, c’est l’authenticité des lieux qui séduit : les maisons en pisé imbriquées les unes dans les autres, les ruelles étroites et le panorama majestueux depuis le sommet du Ksar.
Une politique d’ouverture payante
Le Maroc récolte aujourd’hui les fruits d’une stratégie volontariste. En 2016, Rabat avait supprimé l’obligation de visa pour les ressortissants chinois. Résultat : les arrivées sont passées de moins de 10 000 à plus de 140 000 en 2019. Si la pandémie a marqué un recul, le rebond est déjà perceptible.
« Depuis 2023, le marché chinois connaît une nouvelle dynamique. Avec les lignes directes entre compagnies chinoises et Royal Air Maroc, nous espérons atteindre entre 250 000 et 300 000 visiteurs chinois cette année », explique Zoubir Bouhoute, expert en tourisme.
Un levier de développement régional
L’essor du tourisme chinois à Aït Ben Haddou profite à toute la région : guides locaux, artisans, hôteliers et restaurateurs voient leur activité stimulée. Cette montée en puissance illustre la capacité du Maroc à diversifier ses marchés touristiques tout en valorisant son patrimoine.
En conjuguant traditions berbères, hospitalité marocaine et influence cinématographique mondiale, le Ksar Aït Ben Haddou offre aux visiteurs chinois bien plus qu’une carte postale : une immersion vivante dans l’histoire et la culture du royaume.
La Rédaction

