Le Togo accélère la cadence dans le secteur du soja. La campagne agricole 2025–2026, lancée ce vendredi, s’ouvre sur une ambition claire : repositionner cette culture comme moteur de l’économie agricole nationale. La barre est haute, mais révélatrice d’une volonté politique forte : franchir le cap du demi-million de tonnes récoltées d’ici la fin de la saison.
Longtemps en marge des grandes cultures, le soja togolais s’est métamorphosé en une décennie. Portée par une hausse continue de la demande mondiale et soutenue par des politiques agricoles ciblées, la production est passée d’un volume modeste à plus de 260 000 tonnes aujourd’hui. L’enjeu désormais : structurer durablement cette dynamique.
En toile de fond, une vision : faire du soja une filière intégrée, de la production à la transformation. Le produit, riche en protéines, alimente aussi bien les marchés d’exportation que les circuits locaux, avec des débouchés dans l’agroalimentaire, l’alimentation animale et même les biotechnologies. Mais l’essor reste fragile.
Manque d’accès aux semences certifiées, faibles rendements à l’hectare, fluctuation des cours internationaux, capacités de stockage insuffisantes : les obstacles sont nombreux. Le Conseil interprofessionnel du soja (CIFS-Togo) mise sur une mobilisation transversale – producteurs, commerçants, transformateurs – pour consolider les acquis.
En parallèle, des leviers structurants sont activés : renforcement des coopératives, professionnalisation des pratiques agricoles, transparence sur les marchés, encouragement de la transformation locale. Cette montée en gamme vise à faire émerger une industrie du soja à la fois compétitive et inclusive.
Le Togo n’entend plus se contenter d’exporter une matière première brute. Il vise la création de chaînes de valeur, avec, à la clé, des emplois durables, une souveraineté alimentaire renforcée et une économie agricole modernisée.
La Rédaction

