Cameroun – L’annonce est tombée comme une déclaration de rupture. Moins de 24 heures après avoir quitté le gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, ex-ministre de l’Emploi et fidèle allié du président Paul Biya pendant deux décennies, a officiellement déclaré sa candidature à la présidentielle à travers une lettre ouverte aux Camerounais.
Dans ce document de 24 pages, publié récemment, Tchiroma dresse un diagnostic sévère du régime en place, évoquant « un pouvoir à bout de souffle » et un pays « qui ne peut exister au service d’un homme ». Sans nommer Paul Biya, le message est limpide. Pour celui qui fut tour à tour porte-parole du gouvernement et ministre à plusieurs reprises, il s’agit désormais d’incarner l’alternance.
Un discours de rupture et de repentance
Dans sa lettre, Tchiroma rend hommage aux « pères fondateurs de la nation » avant d’admettre ses propres responsabilités dans les dérives du pouvoir : « J’ai connu le pouvoir et j’en ai mesuré les limites ». Le ton est grave, teinté de confession politique, et annonce un repositionnement clair : celui d’un homme de l’intérieur devenu opposant.
Le programme d’un “nouveau départ”
Le désormais candidat propose une série de réformes, dont le retour à un « fédéralisme choisi », une proposition symbolique dans un pays où la centralisation du pouvoir est critiquée depuis des années. Pour lui, cette élection représente une « chance historique » de redéfinir l’État camerounais.
Réplique immédiate du pouvoir
Mais à peine la lettre rendue publique, une réponse politique s’est fait entendre : un arrêté du ministre de l’Administration territoriale a interdit toute activité politique du FSNC, le parti d’Issa Tchiroma, dans un département de l’Extrême-Nord – sa région d’origine et principal bastion. Un signal clair : les autorités ne comptent pas lui faciliter la tâche.
Ancien compagnon de route devenu rival, Issa Tchiroma amorce une campagne dont l’issue s’annonce aussi incertaine que tendue dans un paysage politique dominé depuis plus de 40 ans par Paul Biya.
La Rédaction

