À moins d’un mois des élections municipales prévues pour le 17 juillet, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) monte au créneau. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre fustige un processus électoral qu’il juge « illégal », « chaotique » et « biaisé ». En ligne de mire : la Commission électorale nationale indépendante (CENI), dont la composition et les agissements suscitent de vives critiques.
Une CENI « illégale » et « inféodée »
Le principal grief de l’ANC concerne la recomposition de la CENI, jugée « partielle », « illégale » et non représentative de la nouvelle configuration institutionnelle du Togo. Selon Jean-Pierre Fabre, le mode de désignation des membres actuels ne tient pas compte du passage à un Parlement bicaméral, voté dans le cadre des réformes institutionnelles récentes. « Cette CENI ne reflète ni la diversité politique ni les exigences démocratiques d’un État de droit », affirme-t-il dans son communiqué.
Le parti va plus loin en dénonçant une commission « inféodée au pouvoir », et accuse l’exécutif de préparer un scrutin verrouillé, organisé sans transparence ni concertation. Des accusations récurrentes dans le paysage politique togolais, mais qui prennent un relief particulier à l’approche d’un scrutin local.
Appel à une réforme électorale d’urgence
L’ANC appelle à une réforme « en profondeur » du code électoral, à la recomposition « intégrale et inclusive » de la CENI, ainsi qu’à la publication d’un chronogramme électoral « clair, cohérent et conforme à la loi ». Pour le parti, ces conditions minimales sont indispensables pour garantir un scrutin équitable. À défaut, prévient l’ANC, la mascarade électorale se poursuivra, accentuant la défiance des citoyens à l’égard des institutions.
Un discours ferme, une stratégie floue
Si les critiques sont virulentes, l’ANC n’a pas précisé si elle compte participer aux élections ou opter pour un boycott, comme elle l’a fait par le passé. Cette ambiguïté alimente l’incertitude à l’approche du scrutin. Le flou persiste sur la stratégie électorale du parti, ce qui laisse les observateurs dubitatifs.
En l’état, le discours de l’ANC sonne comme une mise en garde. Une dénonciation du statu quo électoral, certes, mais sans plan d’action clairement défini. Pour certains analystes, le parti joue la carte de la pression politique, sans réellement se préparer à entrer en campagne.
Un climat politique toujours tendu
Alors que le pays s’apprête à vivre ses premières municipales depuis la réforme constitutionnelle controversée du 19 avril 2024, le climat politique demeure tendu. Le débat sur l’impartialité des institutions électorales reste vif, et les appels au dialogue semblent ne pas trouver d’écho.
En accusant la CENI de fausser le jeu démocratique et de favoriser le parti au pouvoir, l’ANC jette une ombre sur la crédibilité du processus électoral. Une situation qui pourrait nourrir l’abstention ou raviver les tensions dans certaines localités, si aucun compromis n’émerge d’ici le début officiel de la campagne.
La Rédaction

