Depuis le début des frappes israéliennes contre l’Iran, la Syrie adopte une posture singulière au cœur d’un Moyen-Orient en pleine tension. Alors que presque toutes les capitales régionales condamnent ces attaques, Damas reste la seule à ne pas exprimer de condamnation officielle, préférant un silence prudent qui en dit long sur sa position politique actuelle.
Un mutisme qui intrigue
Depuis vendredi dernier, la réaction officielle syrienne se fait attendre. Aucune déclaration ferme ne vient condamner les raids israéliens visant des sites stratégiques iraniens, contrairement à l’Arabie saoudite ou d’autres acteurs régionaux qui ont dénoncé ces frappes comme des violations du droit international. Ce silence étonne dans un contexte où la Syrie a longtemps été un allié proche de Téhéran.
Entre réalités internes et choix stratégiques
Ce mutisme pourrait s’expliquer par une volonté de Damas de ménager les sensibilités internes. La société syrienne, épuisée par une décennie de conflit, se montre particulièrement hostile à l’influence iranienne. En parallèle, le pouvoir syrien cherche à éviter de s’aliéner l’aile la plus radicale de son régime, proche de Téhéran. Ahmad al‑Chareh, président syrien, semble adopter une posture prudente, visant à maintenir un équilibre délicat.
Un rôle stratégique dans le conflit
Les frappes israéliennes passent majoritairement par l’espace aérien syrien pour atteindre leurs cibles en Iran, évitant l’espace jordanien. Cette situation place Damas dans une position paradoxale : acteur indirect d’un conflit régional majeur, mais sans engagement ouvert. Cette configuration souligne la complexité des alliances et des rivalités dans la région.
Vers une posture de non-alignement ?
Dans un Moyen-Orient fracturé, le silence syrien pourrait être interprété comme une volonté de garder une marge de manœuvre politique. Ahmad al‑Chareh semble éviter de prendre parti ouvertement, préférant une posture mesurée qui lui permettrait de naviguer entre ses alliés et ses opposants, alors que la Syrie cherche à se reconstruire et à stabiliser son régime.
La Rédaction

