Depuis dimanche, une initiative locale soutenue par les autorités administratives de Bandiagara tente d’arracher la libération de plusieurs dizaines de civils enlevés en avril 2024. Ces otages, interceptés alors qu’ils voyageaient à bord de trois autocars dans la région de Mopti, sont retenus depuis dans une zone forestière entre Bandiagara et Bankass, sous contrôle jihadiste.
La nouvelle tentative de négociation est dirigée par un haut cadre de l’administration malienne basé dans la région, avec l’implication directe de deux chefs de villages. Selon une source proche du dossier, « moins on en dit, plus les négociations avancent », signe que la prudence est de mise face à des interlocuteurs armés et intransigeants.
Une négociation complexe sous domination jihadiste
La zone concernée est largement sous emprise jihadiste. Les habitants y vivent désormais selon les règles imposées par ces groupes, souvent affiliés à la nébuleuse du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans). Ce contexte rend les pourparlers particulièrement délicats, car les preneurs d’otages entendent imposer des contreparties. Il est d’ailleurs probable qu’une forme de reconnaissance implicite de leur autorité locale fasse partie des conditions exigées.
Certains otages sont soupçonnés par leurs ravisseurs d’avoir transmis des informations à l’armée malienne. Pour les négociateurs, il faudra donc lever ces soupçons pour espérer aboutir à un accord. L’enjeu est d’autant plus sensible que tout faux pas pourrait mettre en péril l’ensemble des discussions.
Une prise d’otages encore largement ignorée
Depuis le rapt, très peu d’informations officielles ont été diffusées. Les rares libérations de passagers survenues peu après l’enlèvement initial ont laissé place à un silence pesant, reflet d’un dossier complexe et politiquement explosif. Le gouvernement malien, confronté à une insécurité persistante dans le centre du pays, semble privilégier les canaux discrets, loin des projecteurs.
Pour les familles, l’attente est longue, d’autant que peu de preuves de vie ont filtré depuis avril. Les autorités maliennes sont aujourd’hui sous pression pour obtenir une issue rapide à cette prise d’otages, qui illustre une fois encore l’enracinement des groupes jihadistes dans le centre du Mali, et leur capacité à défier l’État sur son propre territoire.
La Rédaction

