La tension autour des visas américains refait surface au Togo. Après la décision de Washington de restreindre l’accès à certains types de visas pour les ressortissants togolais, les réactions officielles se multiplient. Tandis que le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, appelle la diaspora au respect scrupuleux des conditions de séjour, l’ambassade des États-Unis à Lomé vient clarifier les raisons de ces nouvelles mesures.
Mercredi 11 juin, Shannon Ritchie, directrice des Affaires publiques à l’ambassade américaine, a expliqué sur une radio privée que le Togo a été placé en « catégorie 2 » par les services d’immigration américains. En cause : un taux alarmant de dépassement de séjour parmi les détenteurs de visas.
« Ces taux sont parmi les plus élevés au monde. Ces individus enfreignent la loi américaine en ne respectant pas la réglementation sur les visas », a déclaré Mme Ritchie.
Des chiffres inquiétants
Selon un rapport du Département de la sécurité intérieure des États-Unis, 19 % des détenteurs togolais de visas B-1/B-2 (affaires et tourisme) dépassent la durée légale de leur séjour. Le chiffre grimpe à 35 % pour les visas étudiants (F), les visas de formation professionnelle (M), ou d’échange culturel (J). Ces données font du Togo un pays à haut risque migratoire, justifiant une restriction temporaire.
Des exceptions notables
L’ambassade tient néanmoins à préciser que ces mesures ne concernent pas toutes les catégoriesde voyageurs. Restent exemptés :
• les diplomates et officiels togolais,
• les membres de familles immédiates de citoyens américains,
• les enfants togolais adoptés par des familles américaines,
• les résidents permanents légaux (cartes vertes),
• les anciens employés du gouvernement américain,
• les binationaux voyageant avec un passeport non concerné,
• et les participants accrédités à des événements internationaux.
Un rappel à l’ordre appuyé par le Togo
Dans une déclaration distincte, le ministre Robert Dussey a salué la clarification apportée par l’ambassade américaine, tout en appelant les Togolais de l’extérieur à plus de rigueur :
« Le respect des conditions de séjour dans les pays d’accueil n’est pas une faveur, c’est une obligation. Un comportement irresponsable peut entraîner des sanctions collectives. »
Ce rappel s’inscrit dans une volonté plus large de préserver la crédibilité internationale du Togo tout en maintenant de bonnes relations bilatérales avec les États-Unis.
La Rédaction

