“Sans moi, Donald Trump aurait perdu l’élection” : Elon Musk tacle à nouveau le président américain.
Le patron de Tesla, fervent soutien de Donald Trump lors de la dernière élection présidentielle, a accusé le président américain d’« ingratitude » ce jeudi 5 juin. Sur son réseau social X (ex-Twitter), Elon Musk affirme que Donald Trump lui doit sa victoire de 2024. La guerre semble désormais ouverte entre deux figures dominantes de la droite américaine.
De l’alliance à la rupture
Il fut l’un de ses plus puissants relais. Musk n’a jamais officiellement rejoint la campagne de Trump, mais il avait mis la puissance de son empire technologique — et médiatique — au service du candidat républicain. L’algorithme de X, des investissements massifs dans les groupes pro-Trump, et un soutien idéologique affiché : tout indiquait un tandem improbable, mais stratégique.
C’est donc avec une rare violence que Musk s’est retourné contre le président en exercice, critiquant d’abord le projet de loi « One Big Beautiful Bill Act », un texte clé de l’agenda trumpiste, avant d’en venir aux attaques personnelles.
Une loi qui divise
Le texte en question vise à reconduire les baisses d’impôts de 2017, restreindre l’accès à certaines aides sociales, supprimer les crédits d’impôt aux véhicules électriques et renforcer le financement du mur frontalier.
Pour Musk, c’est une « monstruosité répugnante » qui va « asphyxier l’innovation » et « creuser le déficit fédéral ». Pour Trump, c’est une promesse tenue à son électorat. Et une ligne rouge : la critique de cette loi a marqué un tournant.
« Il souffre du syndrome de dérangement Trump »
Fidèle à son style, Trump a riposté. « Je suis très déçu par Elon. Je l’ai beaucoup aidé », a-t-il déclaré à la presse. Il a ensuite suggéré que le patron de Tesla souffrait du désormais célèbre « syndrome de dérangement Trump » — une expression utilisée pour discréditer les opposants qui s’acharneraient, selon lui, de manière irrationnelle contre sa personne.
Mais cette fois, Musk ne s’est pas contenté de répondre du tac au tac. Il a porté le coup là où Trump est le plus vulnérable : sa légitimité.
« Sans moi, il aurait perdu l’élection. »
Une phrase lourde de conséquences.
Vers une recomposition de la droite ?
Cette rupture révèle bien plus qu’un simple clash d’egos. Elle met au jour deux visions concurrentes de la droite américaine : celle de Trump, populiste, musclée, tournée vers le court terme et la base conservatrice ; et celle de Musk, libertarienne, technophile, soucieuse des équilibres budgétaires et de l’image internationale des États-Unis.
Loin d’être anecdotique, cet affrontement pourrait marquer un tournant stratégique pour les Républicains. À l’heure où les primaires de mi-mandat se profilent, la fracture entre trumpistes et muskiens s’élargit. Et la guerre des nerfs ne fait que commencer.
La Rédaction

