Depuis la prise de contrôle partielle de Goma par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, la ville vit dans l’effroi. Dans un rapport publié ce 3 juin 2025, l’ONG Human Rights Watch (HRW) accuse ces groupes armés d’exécuter des civils congolais en toute impunité, en violation flagrante du droit international.
Des massacres organisés et documentés
Les 22 et 23 février derniers, au moins 21 civils ont été tués, selon HRW. Mais les témoignages recueillis sur place laissent entrevoir un bilan bien plus lourd. Dans le quartier de Kasika, les rebelles auraient enlevé 25 personnes. Sept d’entre elles ont été exécutées près du camp militaire de Katindo, tandis que onze autres corps ont été retrouvés sur un chantier voisin.
Un autre massacre a été signalé près d’un terrain vague où les rebelles auraient rassemblé une vingtaine de jeunes. Trois d’entre eux, qui tentaient de fuir, ont été abattus. Des professionnels de santé interrogés par HRW affirment avoir récupéré plus de 50 corps en seulement deux jours, rien qu’à Kasika.
Des crimes de guerre systématiques
Ces violences ne sont pas isolées. Depuis le 27 janvier 2025, date à laquelle les rebelles du M23 ont étendu leur contrôle sur le Nord-Kivu, les violations graves des droits humains se multiplient. Pillages, exécutions sommaires, enlèvements : les civils paient le prix fort.
Human Rights Watch appelle à l’ouverture d’une enquête par la Cour pénale internationale (CPI), estimant que ces actes relèvent de crimes de guerre. « Il est urgent que la communauté internationale prenne ses responsabilités », déclare l’organisation.
Un climat de terreur entretenu
À Goma, la peur est désormais omniprésente. Les habitants évitent de sortir après la tombée de la nuit, et nombre de commerces ferment prématurément. Dans cette ville stratégique de l’est congolais, l’instabilité sécuritaire s’est transformée en cauchemar humanitaire. Les exécutions extrajudiciaires s’ajoutent à une crise déjà alimentée par les déplacements de population et la pénurie d’aide.
La Rédaction

